Quelques jours d'octobre, entre vivants et fantômes - 1ère partie : Alan Vega, Oneida, John Zorn, ...

07/05/2008, par | Autre chose |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Dimanche 14. Après un copieux brunch pancakes-Bloody Mary dans le bien nommé restaurant Superfine, Chad me fait visiter le quartier Dumbo (Down Under Manhattan Bridge Overpass), autour du pont de Manhattan côté Brooklyn. Un bel exemple de "gentrification", puisque les anciens entrepôts dans lesquels n'habitaient quasiment que des artistes fauchés il y a encore quelques années sont peu à peu réhabilités, et reloués à des prix beaucoup moins abordables. Le quartier devient plus familial, plus chic, avec sa galerie d'art et son chocolatier de luxe, ça ressemble un peu aux docks de Liverpool. Fini, les beuveries nocturnes dans le parc, les fêtes dans la rue : j'ai l'impression d'arriver un peu trop tard. Tout de même, l'endroit ne manque pas de cachet.

Superfine : http://nymag.com/listings/restaurant/superfine

NYC_2007_04

Si la "Coney Island Baby" de Lou Reed était à l'évidence une personne, réelle ou imaginaire, je m'étais toujours demandé ce qu'était le "Coney Island Cyclone" chanté par Mercury Rev sur leur premier album. En longeant le boardwalk cet après-midi-là, la plage à ma droite, j'ai trouvé la réponse en regardant le parc d'attractions, du côté gauche. Le Cyclone, c'est un grand-huit. Mes visions dantesques d'un ouragan ravageant Coney Island s'effondrent.

NYC_2007_05

Le soir, je me rends dans le Lower East Side pour assister à un concert de (ou plutôt avec) John Zorn, figure incontournable de la scène jazz locale depuis un bon quart de siècle. J'ai bien noté l'adresse de la salle, The Stone, située à un "corner", mais, arrivé très en avance, je tourne longtemps dans le quartier sans la trouver. Je finis par demander à un homme en train de bouquiner, qui s'avérera être le portier. Il me montre une porte, sur laquelle est marqué en tout petit "The Stone". L'adresse était bonne.
A l'intérieur, c'est pour le moins sobre. Une sorte de loft avec murs blancs et plafond noir, une soixantaine de chaises en plastique disposées de part et d'autre de la "scène", au niveau du sol. Ni guichet pour les billets (on donne ses 20 dollars en entrant), ni vestiaire, ni bar ; les artistes émergent de la cave par une trappe. Quand je pénètre dans la salle, le saxophoniste hyperactif est en train d'accrocher au mur des photos noir et blanc des musiciens - la crème de l'avant-garde - qui s'y sont produits. Le set d'une heure consiste en une succession d'impros à deux ou trois musiciens (parfois sans Zorn), puis en sextette. J'aurais préféré n'entendre que cette dernière formation, d'une puissance ébouriffante, mais voilà au moins un concert que je n'aurais sans doute pas pu voir ailleurs qu'à New York.

Lire un article sur The Stone (AllAboutJazz.com)

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews