Quelques jours d'octobre, entre vivants et fantômes - 1ère partie : Alan Vega, Oneida, John Zorn, ...

07/05/2008, par | Autre chose |
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Vendredi 12. Mon vol arrive avec une bonne heure et demie de retard à Newark, vers 18 h, heure locale. Suit une longue attente pour le contrôle des passeports, empreintes digitales et pupille. Pas de sortie pour ce premier soir, donc. Je me contente de m'installer dans la moitié de deux-pièces qu'on m'a (presque) prêtée à Brooklyn pour dix jours et de faire connaissance avec mon hôte, Chad Parks, chanteur, guitariste, auteur, compositeur, cuisinier, organisateur de buffets, etc. - car c'est franchement difficile de vivre de sa musique à New York, peut-être encore plus qu'ailleurs.

Samedi 13. Temps superbe, ce qui sera le cas pendant presque tout le séjour. Ma longue balade dans le bas de Manhattan passe par Murray Street, qui est aussi le titre d'un album de Sonic Youth. Le verso de la pochette est illustré par un panneau indiquant le nom de la rue. En arrière-plan, un immeuble de bureaux type verre et acier. Je n'ai pas dû photographier le même panneau, et les bâtiments dont j'ai souvenir dans cette rue étaient plutôt des immeubles d'habitation de quelques étages, avec "fire escape" sur la façade, ceux qu'on s'attend à trouver dans cette ville.

NYC_2007_02

Il me semble que le groupe avait un studio de répétitions dans cette rue, pourtant assez éloignée des quartiers plus bohèmes qu'on associe généralement à Sonic Youth (Lower East Side, Village...). Murray Street étant proche du site du World Trade Center, ils ont dû l'abandonner après le 11 septembre. J'ignore à quel numéro le studio se trouvait. Peut-être en face de ce club nommé New York Dolls ?

La veille, j'ai regardé la liste des concerts dans "Time Out" (le "Village Voice", posé à divers coins de rue, peut aussi faire l'affaire). Dire qu'on a l'embarras du choix est un euphémisme, qu'il y en a pour toutes les bourses aussi. Je serais bien retourné voir pour la énième fois The National, qui joue au Bowery Ballroom, mais c'est complet. Histoire de commencer doucement, j'opte pour une soirée gratuite organisée par la radio WFMU au Southpaw, un bar de Brooklyn avec une grande salle de concerts (ou l'inverse). Pour entrer, il faut prouver que vous avez 21 ans, même si vous avez dépassé la trentaine, puisqu'à l'intérieur on ne peut pas fumer mais on peut boire de l'alcool - et notamment de la Brooklyn Lager, qui, contrairement aux bières vendues dans la plupart des salles françaises, a vraiment un goût de bière.
WFMU est une radio indépendante et fière de l'être, qui propose des émissions de musique et de libre expression extrêmement variées. Ce soir, on fête la sortie d'un livre de textes et d'illustrations sur la radio préfacé par Jim Jarmusch, dont le bon goût n'est plus à prouver. Malgré la programmation pointue, et bien qu'on soit à New York, l'ambiance n'est pas trop branchouille. En plus ou moins tête d'affiche, il y a l'increvable Alan Vega, accompagné d'une jeune femme qui fait des sons bizarres et pas très agréables avec ses petites machines. Lui se contente de proférer des imprécations incompréhensibles, et jamais l'ombre d'une mélodie ne vient effleurer nos oreilles. C'est encore plus radical que Suicide, mais franchement moins bien, quand même. Heureusement, Vega est rejoint sur la fin par le groupe Oneida - passablement obscur malgré une tripotée d'albums - pour une version complètement flinguée de "Rocket USA", qui fait soudain renaître l'intérêt du public. Oneida donne ensuite un concert complet et c'est plutôt bien, à la fois hargneux et hypnotique. Mais le son est tellement fort que je pars avant la fin.

Le site du Southpaw : http://www.spsounds.com
Le site de WFMU : http://www.wfmu.org

NYC_2007_03

 

 

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