Nick Cave and the Bad Seeds - Abattoir Blues/ The Lyre Of Orpheus

17/11/2004, par Sacha Tannai | Albums |
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NICK CAVE AND THE BAD SEEDS - Abattoir Blues/ The Lyre Of Orpheus
(Mute / Labels)

NICK CAVE AND THE BAD SEEDS - Abattoir Blues/ The Lyre Of OrpheusNick Cave livre un véritable double album (17 morceaux au total !), présentant deux atmosphères assez contrastées.
Malgré le départ de Blixa Bargled, parti rejoindre définitivement ses Neubauten, les Bad Seeds sont en grande forme, et accompagnent de façon toujours aussi symbiotique la voix de Nick Cave, fluide et suggestive.
Le premier disque ("Abattoir Blues") s'ouvre sur un morceau qui incendie l'oreille par son blues chauffé à blanc et par les choeurs omniprésents : sur "Get Ready For Love", tous les ingrédients qui ont marqué les disques mythiques du groupe sont présents : une architecture de chanson bancale à souhait, une basse lourde et martelante, entre autres...
La surprise vient de ces choeurs qui résonnent comme un écho permanent à la voix caverneuse du chanteur. La ballade qui suit, "Cannibal's Hymn" sonne comme un morceau oublié d'une session d'enregistrement du "First Born Is Dead" de 1985, et installe ce disque dans une atmosphère familière. Le très syncopé "Hiding All Away" confirme cette impression.
Certaines chansons ouvrent de nouvelles brèches dans l'univers musical du groupe : "Nature Boy", qui se présente comme une ballade dansante presque euphorique ou "There She Goes, My Beautiful World" au refrain faussement optimiste.
D'autres morceaux, certes agréables, souffrent d'un académisme "Bad Seeds" trop évident et n'apportent rien au registre crooner du chanteur.
Malgré cette sensation de "déjà-entendu", le chanteur évite le piège de l'auto-parodie, grâce à de nouveaux ingrédients qui façonnent de nouveaux horizons musicaux : ici des choeurs flamboyants, là des refrains fédérateurs ("Breathless").
Le second volet de ce double album s'inscrit dans des ambiances plus posées et moins incendiaires : Nick Cave retrouve son ton narratif acide pour sa relecture du mythe d'Orphée sur "The Lyre Of Orpheus". Il est aussi marqué par des morceaux ennuyeux, aux arrangements vides et aseptisés à peine sauvés par la voix du chanteur qui les écorche un peu ("Babe, You Turn Me On", "Easy Money"). C'est dans ce cas que la guitare stridente de Blixa Bargled se fait regretter.
Les compositions du groupe étonnent aussi par la simplicité de leur construction : sur "Breathless", après une surprenante introduction à la flûte, suivent des couplets et des refrains sagement agencés. Où sont passés les morceaux chaotiques d'antan ? "Supernaturally" réoriente le disque dans cette direction, avec sa rythmique nerveuse.
Mais le disque se clôt sur des ballades peu envoûtantes, qui dans le meilleur des cas rappelle "Where The Wild Roses Grow" ("Carry Me").
Après un début d'album fracassant, Nick Cave semble quitter le disque, sur la pointe des pieds, avec des morceaux suaves et langoureux, peut-être en espérant ne pas nous réveiller ?

Sacha

Get Ready For Love
Cannibals Hymn
Hiding All Away
Messiah Ward
There She Goes, My Beautiful World
Nature Boy
Abattoir Blues
Let The Bells Ring
The Fable Of The Brown Ape

The Lyre Of Orpheus
Breathless
Babe You Turn Me On
Easy Money
Supernaturally
Spell
Carry Me
O Children

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