Mogwai - Interview

19/05/2011, par et Béatrice Lajous | Interviews |
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Après le séduisant "Hardcore Will Never Die But You Will", les Ecossais de Mogwai ont pris la route pour le défendre un peu partout en France. Rendez-vous était donc pris avec Stuart Braithwhaite pour en discuter, découvrir le tourbus du groupe, allumer par inadvertance le lecteur DVD et prendre une leçon d'accent écossais...

Certains considèrent que votre dernier album est moins post-rock que les précédents, est-ce que vous avez changé votre manière d’écrire, de composer ?
Je ne pense pas que nous ayons eu consciemment une écriture différente. Nous avons passé beaucoup de temps à organiser le "live film", loin de penser que nous allions faire avec un album apparemment si différent des précédents. C’est la seule chose à laquelle je pense pour être honnête.

Vous avez collaboré avec Paul Savage quinze ans après votre premier album. Comment ces retrouvailles se sont-elles concrétisées ?
SB - Nous n’avions pas perdu contact avec lui. Il fait partie de nos amis et a fait en effet de très bons albums. Quand nous sommes retournés en studio, nous n’avions pas forcément l’envie particulière de travailler avec quelqu’un que nous connaissions ou l’inverse. C’était simplement une bonne idée. C’est un type bien, un très bon ingénieur.

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Vous avez pris vos distances avec PIAS. Et vous avez créé Rock Action, sur lequel on retrouve votre dernier album. Est-ce qu’il s’agit d’une pression supplémentaire ou quelque chose d’excitant ? Est-ce vous vous considérez d’un côté comme un business man et de l’autre un musicien ?
Il ya beaucoup de pression. Vous vous mettez en avant et vous devez en même temps enregistrer un disque, et le faire de la façon la plus adéquate. Sauf que normalement, c’est quelqu’un d’autre qui s’en charge (rires). C’est quelque chose qui est plus nouveau, plus excitant qu’un problème. Quant à savoir si je me sens business man ? Oui, un quart musicien et le reste c'est du business ! (rires) Non, réellement, on est avant tout des musiciens, mais on doit aussi s’occuper des ventes, des tournées et du planning. D’autres groupes ont aussi leur propre label, donc c'est faisable.

Vous faites également des clips. Est-il important pour vous de créer ces deux ambiances, musicale et visuelle ?
C’est une bonne chose, mais nous ne courrons pas forcément après. Nous traînons avec des gens, dont nous aimons le travail ou à qui nous faisons réellement confiance. Nous les laissons s’en soucier. C’est une bonne chose, mais il ne s’agit pas de représenter une vision particulière des choses alors que nous essayons d'écrire des chansons rock. Si nous étions réalisateurs, cela se passerait dans des endroits beaucoup plus sombres (rires).

Est-ce que vous avez aimé jouer dans le (presque) film "Burning" ? A mes yeux, c’était en tout cas très réussi.
Merci beaucoup. Ce n’était pas difficile en fait, nous ne faisions que donner un concert. Il y avait quelques branchements et  câbles en plus (rires), nous étions avec des spécialistes. Ceux qui l’ont réalisé, Nathanaël (Le Scouarnec) et Vincent Moon, sont des gars biens. C’était bien d’être impliqués dans un tel projet, alliant notre musique et une autre forme artistique. Une très bonne expérience.

Vous projetez des vidéos pendant vos concerts. C’est nouveau pour vous ?
Nous le faisons depuis deux ans maintenant. Nous avions déjà essayé, mais c’est la première fois que nous le faisons correctement.

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Après l’enregistrement des albums et que vous passez à la scène, est-ce que vous souhaitez reproduire ou faire évoluer les morceaux en prenant une certaine distance ?  
Nous avons bien évidemment besoin de boucles issus des morceaux originaux, parce que l'on utilise certes des instruments "normaux", mais aussi parfois des "instruments" moins conventionnels, comme des percussions avec des tasses de thé ou des journaux. Ce sont quand même deux choses très différentes  que j’apprécie, avec une préférence quand même pour les concerts. Je peux frimer un peu devant les gens (rires).

Donc vous ne pensez pas au live lorsque vous écrivez ?
Non, pas vraiment.  Nous l’avons fait dans le passé, mais cela finit par limiter ce que l’on peut faire. On finira par les jouer sur scène.  […]

Comment le public a réagi à votre dernier album ? Et leur perception de leur musique ?  
Bien, apparemment. Ils doivent avoir la capacité à écouter de mauvais albums et être assez tendus pour ne pas couper des morceaux si mauvais (rires). Je ne vais pas me plaindre. Pour le concert à Nice, le public ne faisait qu’écouter les enceintes. C’est forcément bien quand les gens apprécient.

Est-ce que vous reconnaissez une certaine forme de violence dans votre musique ? Vous jouez fort et certaines personnes sont rapidement surprises. Nous avons des limitations sonores en France. Est-ce qu’il y a quelque chose de physique dans la perception de votre musique ? 
Il ya quelque chose de physique dans tous les styles de musique. C’est une musique puissante et c’est important de la ressentir dans toutes les parties de votre corps.

Contrairement à d’autres groupes post-rock, vous faites énormément de dates et  à la suite. Est-ce que vous changez la setlist ?
Les autres font moins de concerts ? Quels fainéants (rires) ! Il y en a encore beaucoup de prévus. Cela fait partie du jeu aussi. On change la setlist. Quand on commence à s’ennuyer au fil des mois, on les choisit au hasard. Sinon, on a l’habitude de jouer de manière égale les nouveaux et les anciens morceaux.

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Est-ce que vous avez une préférence entre les salles de concerts et l’atmosphère d’un festival ?
Ca dépend. Nous avons eu des très bonnes dates dans des petites salles et d’autres dans le cadre de festivals. On est bien quand tout fonctionne, quand le public est là. Pour un festival, c’est encore mieux si on joue tard dans la soirée.

Photos du concert à la Rock School Barbey, signées Seb So-What.
Merci à Michele de PIAS.

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