Festival Mo'Fo - Édition 2010 : Coming Soon, Television Personalities, Aidan Moffat, Original Folks

15/02/2010, par Guillaume Sautereau | Festivals |
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FESTIVAL MO'FO - Édition 2010 : Coming Soon, Television Personalities, Aidan Moffat, Original Folks

Dimanche 31 janvier

Premier concert de ce dimanche, un homme seul, Conor Deasy, se cachant derrière le sobriquet étrange de Biggles Flys Again. Sur scène, sa musique prend l'apparence d'un folk en fingerpicking assez classique, mais Conor fait la différence par l'élégance et la finesse de ses mélodies ciselées. Rien de convenu, de vrais morceaux séduisants, une belle découverte en ce qui me concerne.

Biggles Fly Again

Liz Green a une drôle de robe - ah, les méfaits de la fashion week -, Liz Green est malade (un cocktail de varicelle et de grippe A ?), Liz Green a mauvaise mine. Pourtant, elle donnera l'un des concerts les plus plaisants, tout d'abord seule pour quelques morceaux de folk-blues écorché, qui évoquent lointainement Karen Dalton, ou, plus près de nous, Tralala Diane, puis en compagnie de deux musiciens aux drôles de couvre-chef, un aviateur-saxophoniste aux faux airs de Jean-Paul Rouve, et un ourson-contrebassiste coiffé d'une chapka. Bref moment de grâce délurée quand Liz se met - littéralement ou presque - dans la peau d'un oiseau. Ce dimanche commence bien !

Liz Green

Le Japonais Shugo Tokumaru est très rare dans nos contrées, ses derniers disques ne sont même pas distribués dans notre beau pays (alors que Gildas les aime) et l'on rend grâce à l'excellent label Active Suspension de nous avoir permis de découvrir "L.S.T." il y a maintenant presque cinq ans. Perché sur sa chaise, le Japonais aux pieds nus délivre un concert fascinant, alliant mélodies célestes (le bien nommé "Parachute") et virtuosité discrète à la guitare. Une petite et réjouissante reprise de "Video Killed My Radio Stars" au ukulele plus tard, et c'est déjà fini. On en redemande !

Shugo Tokumaru sur POPnews : chronique de "Exit" - chronique de "L.S.T."

Shugo Tokumaru

Les concerts s'enchaînent entre la salle Mo' et la salle Fo', et il est difficile de prendre le temps d'apprécier les showcases qui prennent place au premier étage, au Mo'Forum, en entrée libre. On loupera donc, dans le désordre et de manière non exhaustive, Cyann, Thomas Méry, Fairguson, Heligoland ou The Konki Duet. Mais pas Suzanne the Man, qui n'est certes pas un homme, mais qui, dans une formule sobre guitare-violoncelle, ravive les flammèches d'un folk onirique allumées autrefois par les lutines Pooka. A suivre de très près, par exemple sur le EP partagé avec The Konki Duet dont la sortie chez les Boutiques Sonores est imminentes. (GS)

Suzanne the Man

Ajouté à l'affiche à la dernière minute, Take It Easy Hospital était pourtant l'une des attractions du Mo'Fo. Il est vrai qu'on n'a pas vraiment l'habitude de voir sur scène des groupes iraniens… Aujourd'hui installés à Londres (et sans doute pas près de pouvoir retourner dans leur pays), Negar (la fille) et Ashkan (le garçon) ont été révélés par le film "Les Chats persans", docu-fiction de Bahman Ghobadi sur la scène musicale de Téhéran, présenté à Cannes l'année dernière et sorti en France fin décembre 2009. En duo, Take It Easy Hospital livre un court set acoustique – deux voix, une guitare – dont se dégagent une belle reprise d'Arcade Fire et le tubesque "Human Jungle", joué deux fois et dont certains spectateurs semblent connaître les paroles. Suffisant pour reconnaître la fraîcheur et la sincérité du duo, mais un peu juste pour émettre un jugement sur leur musique, pop-rock indie plutôt classique qui ne gagne pas forcément au traitement "unplugged" (précisons que ce n'était pas vraiment leur choix au départ). On attendra donc leur premier véritable album (un EP est déjà sorti), en cours d'enregistrement en Angleterre. (VA)

Curieusement programmés dans la petite salle, les Nantais de French Cowboy n'auront eu aucun mal à la remplir – et donc à faire monter la température de quelques degrés. En train de terminer leur balance à l'heure où le concert était censé commencer, ces quasi-vétérans de la scène pop française nous laissent tout le loisir d'admirer leur look, rappelant la distribution d'un film français seventies avec Jean-François Stévenin et Marcel Bozzuffi dans les seconds rôles. Si l'on peut regretter que les ex-Little Rabbits soient moins attachés à la mélodie qu'à l'époque déjà lointaine du charmant "Dans les faux puits rouges et gris", on reconnaîtra que leur musique est aujourd'hui nettement plus personnelle et originale, dégagée d'influences trop évidentes. Surtout, le groupe, dont la plupart des musiciens ont accompagné Katerine sur la tournée "Robots après tout", dégage aujourd'hui une puissance de feu assez impressionnante, même s'il excelle aussi dans les sobres ballades pour cow-boys solitaires. Ajoutons à cela l'humour décalé de Federico Pellegrini et le plaisir de découvrir une bonne ration d'un imminent nouvel album, et l'on tenait assurément dans cette heure de concert l'un des meilleurs moments du Mo' Fo' 2010. (VA)

French Cowboy sur POPnews : chronique - interview

French Cowboy

L'an passé, les Television Personalities avaient donné leur premier concert à Paris depuis un bail à la veille du Mo'Fo. On s'était dit : "dommage, ils auraient été à leur place au Mo'Fo, davantage que le guitariste des Zombies, vous vous souvenez, celui qui nous a fait un solo de tapping, oui, du tapping, comme sur les disques d'Eddie Van Halen". Cette année, Dan Treacy est bien au Mo'Fo et c'est à lui que revient l'honneur de clore le festival. Comme l'an passé, le concert démarrer sur les chapeaux de roue avec de vieux standards, et Dan en casse une corde. Cette première source de distraction fait vite sentir que Dan est le maillon faible de la soirée. Tiens, il suffit d'un ou deux excités juste devant lui, un peu bourrés, pour distraire notre homme par leurs beuglements - et accessoirement énerver un quadra bobo qui n'avait pas dû sortir de son salon pour assister à un concert depuis bien longtemps. L'intérêt du concert se délite donc progressivement, et son groupe - dont il faut louer la constance et le dévouement, c'est réellement lui qui tient la baraque - finit par laisser Dan seul en scène à gratouiller quelques airs inintelligibles, avant de venir lui dire de s'arrêter. Une fin de concert un peu triste pour Treacy, qui fuit toujours autant la postérité qu'elle le fuit. Ce soir, il fallait grapiller quelques miettes de son génie.

Dan Treacy - Television Personalities

Compte-rendu par Vincent Arquillière, Vincent Le Doeuff et Guillaume Sautereau.

Photos par Guillaume Sautereau.
Merci à Blandine et Nicolas.

 

 

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