Miss Li au Debaser Slussen

22/10/2007, par Catherine Guesde | Edito |
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Le Debaser Slussen est une salle pour ainsi dire souterraine, se situant sous un pont, au bord de l'eau. J'y vais pour découvrir celle que l'on m'a présentée comme la "Regina Spektor suédoise", celle que l'on considère un peu comme une folle, exubérante mais sympathique. J'entre donc au Debaser avec l'idée que je vais y trouver une pile électrique bondissant d'un bout à l'autre de la scène ("Regina Spektor en plus déjantée", voilà qui laissait présager d'un mélange explosif...). Au lieu de cela, je trouve sur scène un jeune chevelu mélancolique, qui, d'une voix qui n'est pas sans rappeler celle de Tom Mc Rae, chante ses dégoûts et ses difficultés. Accompagné par un violoncelle et par une demoiselle à la voix simple mais puissante, il laisse monter ses morceaux en puissance, partant d'une folk épurée pour arriver à des déchaînements plus électriques, aux accents franchement rock. The Tarantula Waltz -car c'est ainsi que se nomme le groupe du chevelu- rappelle Smog, Tom Mc Rae bien sûr, mais aussi Great Lake Swimmers, dont ils ont fait la première partie au mois de mai dernier. La voix grave et profonde de Markus Svensson installe rapidement une ambiance chaleureuse; le violoncelle contribue lui aussi à dresser un cadre intimiste pour le concert. Après quelques chansons de cet ensemble suédo-écossais, je ne peux déjà plus regretter d'être venue. Les chants d'amertume et de mélancolie ayant pris fin, apparaît sur scène celle que l'on m'a présentée comme la scandinave excentrique extravertie expressive et exubérante, bref tout autant de mots en ex- signalant la déviance de cette demoiselle par rapport aux normes du comportement suédois de base. Madame s'installe à son piano, ses musiciens l'accompagnent de leurs nombreux instruments à vent; et au bout de quelques minutes je dois me rendre à l'évidence: elle n'est pas folle, pas excentrique non plus; seulement, elle déborde d'une telle joie de vivre qu'elle semble incapable de la contenir à elle seule. Cheveux noirs ébouriffés et robe rétro, tambourinant sur son piano telle une gamine de huit ans, elle semble sentir l'urgence de nous communiquer son euphorie - et c'est d'ailleurs là une tâche qu'elle accomplit à merveille. Ses morceaux marient parfaitement le jazz, la folk et la pop, tout en ayant quelques accents ska. Quoique d'une composition assez classique, les chansons de Miss Li ont une fraîcheur inédite; sans doute en raison du chant si particulier de la jeune brune. Le rythme est enjoué du début à la fin; la Suédoise ne perd rien de sa bonne humeur, montant sur son piano pour éveiller les récalcitrants si le besoin s'en fait sentir. L'euphorie est contagieuse; et répondant aux cris de "en gång till" ("encore une fois"), Miss Li effectue le rappel indispensable pour qu'on ne quitte pas la salle en restant sur notre faim. Quoique fatigués par une journée de travail, on en sort souriants et requinqués. La bière bue au bord des écluses de Slussen est plus savoureuse à la sortie du concert qu'elle ne l'était à l'entrée. Myspace de Miss Li

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