Microfilm - Track by track

20/06/2012, par Judicaël Dacosta | Track by track |
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Microfilm est un groupe originaire de Poitiers. Quintet pop-rock composant une musique instrumentale, enrichie de visuel vidéo, il sort en mars 2012, "AF 127", son quatrième album. Après avoir joué avec les films de genre, les membres du groupe travaillent cette fois également avec des extraits de documentaires. 

 

Guillaume: En préambule je peux dire que cet album est pour nous ce que nous avons réussi à produire de mieux depuis nos débuts. Le propos n'est pas forcément de dire que cet album est génial, mais plutôt qu'il concrétise ce que nous avons toujours voulu faire sans forcément l'atteindre avant. Un disque aux influences diverses mais avec un son homogène. Des arrangements travaillés jusqu'au bout et pas faits dans l'urgence à la dernière minute. Du temps entre la composition et l'enregistrement. Des formats de morceaux différents qui vont de 2 minutes à 16 minutes. etc.... Des conditions d'enregistrements confortables dans un véritable studio. Des prises live permettant de retranscrire l'énergie live.



"Flying Guillotine" par Guillaume

Ce morceau introductif est assez représentatif de ce que Microfilm propose depuis 10 ans. Il pourrait figurer dans les 3 précédents albums. Il nous correspond bien. Pop, concis et énergique. Idéal pour la scène. Nous l'avons composé juste avant de partir en Chine. On avait promis lors de notre premier passage qu'on essaierait de composer un morceau avec des samples en mandarin. C'est à présent chose faite.





"X'ploitation":

Guillaume : Ce morceau est le fruit de petites contraintes qu'on s'était imposées. Faire un morceau court sans forcément un gros développement comme à chaque fois. 

Greg: Cette ligne de basse avait un petit coté Blaxploitation, on a donc suivi cette piste, ce qui nous a amenés à introduire quelques cuivres dans le morceau, sur ce est arrivé le sample tiré d'une leçon d'éducation sexuelle des 70's ("Parents to child about sex"), il ne nous restait plus qu'à trouver le titre.





"Icebar" par Greg

On est parti sur plusieurs pistes en ce qui concerne le sample de ce morceau, sans jamais être vraiment satisfaits, jusqu’à ce que l'on trouve ce programme scolaire, expliquant le danger des drogues en comparant le corps humain à une construction de Légo. On a alors su dans quelle direction partir. C'est notamment pour suivre le sample qu'il y a cette longue partie tout en tension au milieu, c'est également la première fois qu'on jouait nous-mêmes du clavier sur un de nos morceaux et désormais sur scène aussi.


"Carnival":

Guillaume: C'est un des premiers morceaux que nous avons composés. Il a vraiment été conçu en même temps que les samples et les images. C'est-à-dire qu'à chaque nouvelle séance de répétition, on travaillait la musique avec l'idée de l'atmosphère qui se dégageait du film "Carnival of Soul". Très rapidement, il était évident que la musique et les ambiances du films se répondaient naturellement. 

Greg: Pour amplifier cette ambiance assez oppressante, on a doublé la basse avec un synthé qui gratte un peu et pas mal joué avec les samples de crissement de pneus/klaxon. On avait aussi envie d'un orgue qu'on a fait jouer par Antoine Delavaud, qui en a profité pour nous faire cette magnifique fin.





"Claude" par Yohan:

Yohan : Le titre le plus long de l'histoire du groupe ! Une première partie plutôt "classique" couplet/refrain qui se termine par une explosion noise (un peu la même sensation que sur le titre Fancy Nancy sur le 1er album). Le final est une improvisation de plusieurs minutes qui a été joué live dans la même pièce (comme le reste du disque). C'est quelque chose que nous n'avions jamais fait sur les sessions précédentes et pour laquelle nous avons pris grand plaisir. A noter également l'intervention du violoncelliste du Prince Miiaou sur ce titre, François-Pierre Fol, qui nous accompagne sur scène chaque fois que les emplois du temps respectifs le permettent.


"The Intruder":

Guillaume : Ce morceau est le fruit d'une collaboration avec Georgina Starr, une plasticienne londonienne. Cette artiste construit une œuvre à partir d'enregistrements et d'anecdotes autour de sa vie. Elle exploite cette matière première pour en faire des éditions vinyles à tirage unique. Une de ses pièces parle de sa relation avec sa sœur et d'un film qu'elle regardait avec elle étant petite : "Bunny Lake Is Missing". Nous lui avons demandé s'il était possible de travailler à partir de ses bandes enregistrées. Elle a accepté et "The Intruder" est né. C’était intéressant de procéder différemment que d'habitude et d'utiliser la voix enregistrée de son dictaphone et ses collages sonores.

Greg: L'ambiance étant dictée par le sample (des histoires de babysitter effrayée par les bruits d'une maison la nuit), on a amplifié cette tension par l'ajout de pleins de petits sons oppressants, on a aussi essayé de faire chanter autant que possible les voix extraites du film ("i'm looking for my daughter bunny",..etc) je trouve qu'il y a du coup un rendu très hip-hop dans le placement des voix.


"Stranden" par Yohan

Un des titres sans ajout de samples. Composé sur le tard, la basse y tient un rôle très important. Il a été le sujet de moultes discussions quant à la manière de l'enregistrer - ensemble ou séparément ? Eh bien au final, ensemble, comme le reste du disque.





"Dpt 7" par Greg 

Cela faisait un moment que Yohan et Matthieu (guitare/batterie) jouaient ce plan à deux auquel je n'avais jamais rien compris jusqu'à ce qu'on l'enregistre. C'est probablement le morceau le moins travaillé de l'album et certainement le plus hypnotique sur scène.


"Rio":

Guillaume : J'ai toujours rêvé de faire de la musique de western. Nous sommes partis d'un film de et avec Marlon Brando qui s'intitule "La Vengeance aux deux visages".

Greg: En ce qui me concerne, j'ai souvent besoin d'une référence avant de me lancer dans la composition d'un morceau, en l'occurrence je me suis inspiré de la musique de Leonard Cohen pour la première partie et de Mary J Blidge sur la deuxième.

 

"Beauregard" par Guillaume

C'est une break-song qui est un développement de "Rio". Un principe qu'on retrouve beaucoup dans les B.O. On avait un peu en tête les musiques de Vladimir Cosma ou encore de Ennio Morricone pour "Mon nom est personne". C'était intéressant de changer les instruments et de partir sur une boîte à rythmes d'enfant, une auto-harpe, une folk, un mélotron et un xylophone.

 

"Wolf" par Greg 

Là encore, un développement du thème d'un autre morceau ("The Intruder"). On est parti d'une prise live très brute et épurée et avons utilisé des synthés assez discrets afin de créer une ambiance un peu étrange et pas rassurante avec un petit côté paysage à la "Twin Peaks", donc une forêt, donc la solitude, donc le titre.

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