Menace Ruine - The Die Is Cast

23/01/2009, par | Albums |
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MENACE RUINE - The Die Is Cast
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MENACE RUINE - The Die Is CastEvidemment, en cette année 2009 qui devrait être difficile pour tout le monde, vous n'avez pas forcément envie d'écouter du folk-drone néo-médiéval. Et un groupe qui s'appelle Menace Ruine (quel nom, quand même !), en ces temps de crise, ça vous parle moyen. On vous comprend. Si, néanmoins, les gouffres les plus sombres ne vous effraient pas, alors peut-être parviendrez-vous à écouter jusqu'au bout "The Die Is Cast". Le genre de disque après le passage duquel l'herbe a beaucoup de mal à repousser.

Duo de Montréal, Menace Ruine faisait paraître il y a un an un premier album, "Cult of Ruins", qui mélangeait black metal et noise (c'est du moins ce qu'on a lu, avouons qu'on n'a pas eu le courage de demander au label de nous l'envoyer). On aurait pu s'attendre à ce qu'ils persistent dans la même voie, or pas vraiment. Certes, "The Die Is Cast" n'est pas tout à fait de la sunshine pop, mais c'est un disque qui, le plus souvent, préfère à la pure agression sonore une menace latente tout aussi perturbante. Ici, pas de cris de porc qu'on égorge et de rythmique martelée ; à la place, des mélopées funèbres qui semblent remonter de la nuit des temps, chantées par une certaine Geneviève, cousine de Nico ou de Lisa Gerrard (Dead Can Dance).

Cette évolution stylistique est à mettre en parallèle avec celle de toute une scène metal qui se tourne peu à peu vers le néo-folk plus ou moins apocalyptique de Current 93 ou Death in June. Pour autant, on ne trouvera pas ici de doux sons de harpe, violoncelle ou cithare. Moyen Age ou pas, les mystérieux Canadiens n'ont pas coupé l'électricité et leur musique est principalement composée de feedback, de bourdonnements et d'électronique moyennement festive, une masse sonore étouffante et archisaturée à la Sunn O))) qui contraste curieusement avec la voix sépulcrale de Geneviève. Leur prochain album, qu'on n'est pas forcément pressé d'entendre, devrait d'ailleurs être une collaboration avec le très productif Merzbow, le grand sorcier bruitiste japonais. Mieux vaut en tout cas vous prévenir des possibles effets secondaires : "The Die Is Cast" peut donner envie de brûler des sorcières, déverser de l'huile bouillante par les mâchicoulis ou avoir peur de l'an mil.

Vincent Arquillière

One Too Many
This Place of Power
The Die Is Cast
Surface Vessel
Dismantling
Utterly Destitute
The Bosom of the Earth

 

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