Mathieu Persan - Interview

05/10/2005, par Luc Taramini | Interviews |
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No One Cares About Me
Je suis fier de ce titre car j'ai vraiment l'impression d'avoir atteint mon but. C'est-à-dire le faire sonner comme un vieux standard de jazz avec une batterie au balai. On imagine un trio de musiciens amorphes dans une salle enfumée au milieu de la nuit. J'aime ce genre d'ambiance. Le texte est assez sombre mais je me suis efforcé de ne pas tomber dans le pathétique en formulant les idées de manière assez amusantes.

Does It Make You Feel Sad ?
Cette chanson plaît en général à ceux qui ont écouté mon disque. C'est une facette de ma personnalité que je n'assume pas complètement. Je suis plutôt introverti et, là, je me suis essayé à quelque chose de plus rock qui ne me ressemble pas forcément. En concert, je lâche plus ma voix, ce que je ne pensais pas être capable de faire. Les chansons prennent une autre tournure.

My Summer Day In Town
Je l'ai écrite pendant la canicule. J'ai trouvé le thème à la guitare devant ma TV comme c'est souvent le cas. J'aime bien qu'il y ait du bruit autour de moi. Ça me permet de mieux me concentrer sur "mon bruit" à moi. Là encore, le texte comporte une part d'ironie.

Someone Told Me
Celle-ci peut paraître indigeste avec ses nombreuses parties musicales et ses différents mouvements abrupts. Pourtant, c'est une de mes préférées. Elle comporte un passage dont je suis très fier. Mon côté pessimiste ressort de façon plus prégnante. Elle parle de l'innocence que l'on perd en grandissant et qu'on retrouve chez les enfants alors qu'on se demande combien de temps, encore, ils regarderont le monde avec autant de confiance et de curiosité.

It Could Have Been So Nice
Encore un exemple de lien entre la musique et les paroles. Le morceau est basé sur un thème répétitif. A chaque répétition du thème, un seul détail de l'arrangement change et donne toute la force au morceau. Ça se passe au bord de la mer, un homme contemple une femme qu'il a aimée en train de se noyer. On comprend vite qu'il n'a pas l'intention de la secourir. La musique exprime le reflux de l'eau sur le sable et aussi le flot de souvenirs qui vont et viennent. Le seul changement harmonique intervient à la toute fin alors que je chante "It Could Have Been So Nice..."

End
C'est la clé du disque. Le titre de l'album pose une question. Là, vous avez la réponse. Une réponse qui montre que finalement tout n'est pas aussi négatif qu'il y paraît. J'ai conçu les paroles comme un journal télévisé annonçant des nouvelles qui, si elles se révélaient vraies, provoqueraient immanquablement des catastrophes. Cette "chanson" n'est pas introspective. J'y exprime de manière très ironique des choses que je pense profondément mais en me détachant de "ma petite personne" qui a, malgré tout, eu le rôle principal dans les autres chansons du disque. L'autre fonction majeure de ce titre est de faire comprendre que tout ce que j'ai pu dire avant n'était pas forcément très sérieux. Par ailleurs, je souhaitais structurer le disque de manière claire (introduction... interlude... end) de manière à montrer qu'il n'était pas qu'une succession de chansons mais un tout cohérent, organisé et réfléchi. J'aimerais que ce disque soit toujours écouté du début à la fin.

Titre caché
Il reprend le thème de l'introduction sur un mode majeur. J'exprime ainsi la même chose en modifiant simplement l'angle de vue. La prise de piano a été faite il y a 5 ou 6 ans sur un 4 pistes à cassettes, quand je vivais encore chez mes parents. Une façon de signer le disque.

Propos recueillis par Luc Taramini

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