Mansfield.TYA - June

22/11/2005, par David Dufeu | Albums |
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MANSFIELD.TYA - June
(Teona / Wagram) [site] - acheter ce disque

MANSFIELD.TYA - JuneMansfield.Tya : cet opaque pseudonyme désigne en fait deux Nantaises, déjà repérées ici et là l'an dernier pour leur art du cocooning décalé, tendance pastorale minimaliste. On retrouve d'ailleurs "Mon Amoureuse" sur ce nouvel album au titre faussement estival - "June" est en fait le prénom de la femme d'Henry Miller. A l'écoute de l'album, on pense d'ailleurs plus à des disques crépusculaires et automnaux, aux violons lancinants de Godspeed You! Black Emperor ou même au dépouillement mélancolique de A Silver Mount Zion (sur "Bella Done") - le genre de disques qui ne fait pas de concessions à un quelconque optimisme béat. On retrouve aussi, par instants (la fin de "Et demain déjà"), la même violence rentrée que chez les Canadiens, ou la hargne instrumentale déployée chez DAAU ou, la voix en plus, chez Shannon Wright. Bref, quelques bonnes raisons de se réjouir sérieusement et d'y voir un potentiel disque de chevet pour l'hiver à venir.
Quelques bémols viennent malheureusement altérer ces belles espérances, qui tiennent d'abord, justement, au poids des références : on n'a pas fini de penser à Cat Power à l'écoute de titres comme "Tomorrow", à la limite du mimétisme vocal. Et l'alternance de l'anglais, pas toujours impeccable, et d'un français aux accents sombres souvent plombants ("Je noie ton chagrin pour en faire un venin", "Je brûle tes ambitions" sur "Tes faiblesses" - ça ne rigole pas…), cette alternance, donc, montre un faisceau d'influences pas complètement digérées, malgré une ferme volonté (d'ailleurs typiquement ligérienne) d'originalité et d'indépendance, qui ici se mord parfois la queue.
Ambitieux, "June" l'est sans doute, et a donc les défauts de ses qualités : Mansfield.Tya aurait tort de se contenter de ritournelles comme "Mon amoureuse", et tente le grand saut dans une noirceur parfois un brin maniérée ("The Shout of Rain"), mais souvent inspirée, notamment quand les paroles échappent au quotidien ou au trivial, à l'image de "Pour oublier je dors" : "J'ai défoncé ses dents pour qu'on ne me retrouve pas" - tout aussi sombre, mais vraiment plus alléchant.

David Dufeu

Et demain déjà
Tes faiblesses
One Million Eyes
Tomorrow
Mon amoureuse
The Shout of Rain
The Day Goes Pale
Pour oublier je dors
On a Boat
For You
Fools
Doesn't Matter Who You Are
Bella Done

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