Lyssalane - Smoke Circles

22/02/2010, par Julian Flacelière | Single |
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LYSSALANE - Smoke Circles
(Autoproduit)

LYSSALANE - Smoke CirclesOn le sait depuis une fameuse campagne de propagande orange ayant traumatisée toute une génération d'amateurs d'époisse et de camembert chaud : la Hollande est l'autre pays du fromage. On a tendance à omettre, en revanche, le pedigree permettant à la France de se prétendre, depuis quelques années déjà, l'autre pays de la folk. Les Américains soignent dans leur écurie de prestigieux chevaux de concours tels que Midlake, Alena Diane, Bonnie Prince Billy, Bright Eyes, Fleet Foxes. Notre moribonde contrée peut rétorquer à l'ami Oncle Sam de ne pas élever que des bidets aux croupes gâtées et aux jarrets de vieille femme, grâce aux substantiels apports de St Augustine, H-Burns, Herman Düne ou Meringue, Alcohol & Us. Et s'il demeure quelques box vacants dans notre étable certes moins clinquante, My Lady's House, The Last Morning Soundtrack, You & You, Arch Woodman et, maintenant, Lyssalane, sont désormais aux avant-postes pour s'y faire les sabots. Tous ont en commun d'avoir publié un EP promettant de beaux lendemains Celui de Lyssalane, "Smoke Circles", apparaît déjà comme l'oeuvre, sinon de maîtres, d'artistes ayant largement dépassés le statut d'apprentis. Illustration qu'on ne pourrait espérer plus percutante avec la fantastique "Villain", morceau illuminé dont la sécheresse apparente de la guitare folk n'est qu'un trompe-l'oeil dont l'oreille, elle, n'est pas dupe. Dès lors le groupe s'acharne à raison à développeur deux de leurs qualités les plus ostensibles : un sens remarquable de la mélodie aérée adéquatement mise en relief par une instrumentation fastueuse dépourvue de breloques et d'artifices, et une liaison parfaitement agencée entre la voix mâlement égratignée de Mathieu Gueros et celle, plus rentrée et pointue, de Vanda Spengler.

Plutôt qu'en geignements de cabots, malédiction du genre, Lyssalane s'illustre par une limpidité qui, à défaut d'aveugler, rend les contours des choses nettes et tranchantes. Ne dissimulant pas ses qualités, le groupe ne fait donc que peu de cas de ses lacunes, pour ainsi dire mineures, comme une certaine pusillanimité dans le développement peut-être trop restreint de la toutefois belle "In the Dead of Night". Titre qui aurait, selon moi, monté de quelques degrés supplémentaires avec le traitement intense et piquant de "Blank Stares", pierre d'achoppement du disque, que j'interprète ainsi car j'y entrevoie la brèche par laquelle Lyssalane va passer à l'avenir. Je peux m'y tromper, et peu m'importe par ailleurs, les conséquences risquent d'être fastes quelque soit le chemin que le groupe pratiquera, ayant les bonnes chaussures et, au cas où la force serait nécessaire, ayant en boîte les bons outils pour s'en frayer un. L'album, donc, sera grand ou ne sera pas.

Julian Flacelière


Villain
Mister Water & Mister Wine
Northern Lights
In the Dead of Night
Blank Stares

 

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