Low - Interview

21/03/2007, par Julien Bourgeois et Guillaume Sautereau | Interviews |
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Est-ce que cela change le regard que tu portes sur les premiers albums de Low ?

Je ne sais pas... Je ne compare pas réellement ce que nous faisons maintenant avec ce que nous faisions dans le passé. Nous avons toujours fait du mieux que nous pouvions, pour chaque album, et je suis très content de la façon dont nous avons réussi à expérimenter avec succès sur certains albums... Je ne sais pas, je suis toujours surpris de lire des interviews d'artistes qui parlent de leurs albums passés. Moi, je ne sais pas quoi en dire, cela ne m'appartient plus.

Il y a deux ans, quand vous avez participé au "Don't Look Back Festival", c'est pour cela que vous avez joué votre dernier album en date ?
En fait, c'est eux qui nous l'ont demandé. Ils nous ont dit "vous faites celui que vous voulez, mais si vous faites "Things We Lost in the Fire", ça sera génial". Je ne sais pas lequel j'aurais choisi. Peut-être le "Christmas Album"...

Cela aurait donné un concert plutôt court...
Oui ! Il aurait fallu que nous composions d'autres chansons. Cela dit, on en a en réserve, des chansons qui parlent de Noël.

A propos de Noël, vous avez joué des concerts de Noël au bénéfice d'un village au Kenya puis tu t'es rendu en Afrique pour superviser la construction de l'école... Comment s'est déroulée cette expérience ?
Ça a été très intense. Pour moi qui ai grandi au beau milieu de l'Amérique, dans un milieu absolument pas cosmopolite, je n'avais jamais imaginé mettre les pieds en Afrique. Ça m'a submergé. Tous les gens qui y sont allés disent la même chose, cela te laisse avec plus de sujets de réflexion que tu as la capacité d'en traiter. J'aimerais y retourner, peut-être plus tard dans l'année. C'est très dur à décrire, c'est à la fois beau et difficile. C'est une expérience qui rend humble, pour quelqu'un qui a grandi aux Etats-Unis, d'être assis dans la même cahute que des gens qui vivent dans le même vallée depuis des milliers d'années. Les populations ont migré, les cultures se sont mélangées mais eux sont là depuis tout ce temps. C'est le berceau de la civilisation. C'est très frappant, spirituellement parlant, ça vous dépasse très rapidement. C'est un peu comme si on était en présence de Dieu, des gens qui sont les plus proches de la création de Dieu. C'était comme rencontrer un de ses plus vieux ancêtres. Les enfants avaient l'âge de mes enfants, ils voulaient apprendre à jouer de la guitare, apprendre de nouveaux mots. Quel que soit l'endroit où tu vas, les enfants ont le même regard, la même curiosité. C'était génial. Il y avait à la fois tellement de différences énormes et de similitudes avec ce que je connaissais. C'est difficile à imaginer sans y être allé.

Ce cas est assez extrême, mais peut-être que c'est la meilleure chose dans le fait de voyager pour un groupe, ça ouvre l'esprit...
Cela donne une perspective différente. Pendant des années, nous avons tourné en Europe. Pour le milieu dont nous venons, c'est extraordinaire, à la limite de la folie. Quand nous revenons et rendons visite à nos famille, nous passons pour de très étranges personnes parce que nous sommes sortis du pays. C'est très inhabituel pour eux. Mais nous y gagnons un certain recul, une certaine sagesse. Sous beaucoup d'aspects, notre musique a toujours été influencée par le fait de voyager. Je pense aussi que cela permet de mieux comprendre l'endroit d'où l'on vient.

Tu réussis à avoir toujours un "chez toi" après toutes ces années de voyages ?
Oui, je pense. Peut-être que c'est l'ancien moi qui s'y sent lié. Je viens d'une famille de fermiers, l'endroit d'où tu viens, le sol, les arbres, la nature, tout cela est important. Une partie de moi veut sans doute avoir un endroit dans lequel se retirer, une retraite. Ces dernières années, en voyageant, j'ai pu vivre certaines des expériences les plus marquantes de ma vie. Même ce voyage ici est entouré de quelque chose de particulier pour moi. Je ne sais pas si c'est le monde qui change ou si c'est mon attitude envers lui qui change, mais je vois les choses différemment, je vois des raisons de revenir ici. Avant, je me disais que c'était chouette de voyager, mais que j'avais surtout envie de rentrer chez moi. Je pense que j'apprends plus du fait de voyager maintenant, et je ne peux pas arrêter.

Est-ce que tu réussis à écrire sur la route ?
J'écris mieux quand je suis à la maison. En voyage, j'ai quelques idées. Quand nous sommes en tournée, nous essayons des chansons pendant les balances. Mais j'ai besoin d'être à la maison et d'y reprendre mes habitudes avant de pouvoir me remettre à l'écriture. Mais le voyage dont je reviens a une influence sur ce que j'écris. Nous passons pas mal de temps à la maison, en fait. Nous sommes peut-être partis une centaine de jours par an, ce n'est pas trop.

 

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