Les Femmes s'en mêlent - édition 2009 (Frida Hyvönen, St. Vincent, Juana Molina, Clare and the Reasons, Battant, Micachu, Wildbirds and Peacedrums, ...)

06/05/2009, par , Marie Gallic, Catherine Guesde et Luc Taramini | Festivals |
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Frida Hyvönen

Alors que des trombes d'eau s'abattent sur Paris, l'édition 2009 des Femmes s'en mêlent s'offre une clôture en apothéose dans le cadre feutré du théâtre Marigny, fief du très mélomane Pierre Lescure, à deux ou trois largeurs de trottoir des Champs-Elysées. Peu après 20 h 30, la Suédoise Frida Hyvönen s'installe derrière un magnifique Steinway, flanquée de deux jeunes femmes également avenantes, l'une à la batterie, l'autre se partageant entre la basse et le violoncelle. Les tenues de scène sont les mêmes que lors du showcase offert quelques semaines plus tôt au Centre culturel suédois, pour la présentation de la programmation du festival : fanfreluches dorées sur des collants et justaucorps noirs, pas évident à porter dans le métro. Conquérante et sûre de son talent - mais peut-être cache-t-elle ainsi sa timidité -, excellemment épaulée par ses deux acolytes, Frida ne craint pas d'en faire trop, et c'est ça qu'on aime chez elle. Ses chansons s'y prêtent, bien sûr, avec leurs textes pince-sans-rire, souvent troublants, et leurs mélodies d'une richesse étourdissante. Comme à l'écoute de "Silence Is Wild", on est partagé entre le rire et les larmes, captivé par cette voix de diva qui n'a pas peur de révéler ses fêlures. Un talent rare.

Clare and the Reasons

Suivent Clare and the Reasons, en quintette électrifié a minima. Eux aussi ont - comme d'habitude - soigné leurs costumes : tous les musiciens sont en rouge de la tête aux pieds. Pas d'appels à l'insurrection dans leurs chansons, pourtant, ou alors habilement dissimulés. Clare et ses garçons revendiquent une légèreté qui pourrait facilement verser dans l'insignifiance s'ils ne déployaient pas un tel talent d'écriture et une telle virtuosité. En plus d'un clavier et de diverses cordes (guitares, basse, violon, violoncelle...), les musiciens, qui doivent tous sortir des meilleures écoles des Etats-Unis, s'amusent à employer de petits instruments dont même les nuls dans mon genre pourraient jouer : kazoo, flûte à bec, glockenspiel... Leur fantaisie atteint des sommets quand le clavier, en deux ou trois minutes, remet un Rubik's Cube dans son état d'origine tandis qu'Olivier Manchon interprète à la guitare une version spécial cocktail de "The Girl from Ipanema" (si ma mémoire est bonne) ! Pénible, ces gens qui savent tout faire... Les fans auront pu glaner une poignée de nouveaux morceaux, pas très différents des anciens – mais on ne s'attendait pas non plus à de l'electro-punk. S'ils frôlent parfois la mignardise ("Perdue à Paris", chanson en français dans laquelle Clare enfile tous les clichés sur notre capitale vue par les Américains), ils manifestent une science des arrangements toujours aussi impressionnante. Dont le plus bel exemple reste sans doute leur relecture façon baroque du "Everybody Wants to Rule the World" de Tears for Fears, livrée juste avant le rappel : si l'effet de surprise s'est un peu émoussé, on savoure toujours cette bulle pop aux formes parfaites, résumé idéal d'une douzaine de jours de concerts.

Vincent Arquillière

Photos : Robert Gil (site www.photosconcerts.com), Vincent Arquillière, Catherine Guesde, Marie Gallic, Guillaume Sautereau.

Merci à Rachel pour sa confiance

 

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