Les Femmes s'en mêlent - édition 2009 (Frida Hyvönen, St. Vincent, Juana Molina, Clare and the Reasons, Battant, Micachu, Wildbirds and Peacedrums, ...)

06/05/2009, par , Marie Gallic, Catherine Guesde et Luc Taramini | Festivals |
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Tamara Williamson

Arrivée en retard, je loupe Lena Deluxe et arrive juste à temps pour découvrir sur scène la douce Tamara Williamson, une Canadienne d'adoption qui chante un folk sentimental, en s'accompagnant à la guitare. Ses morceaux sont simples, évoquent souvent l'attachement, la nostalgie, les souffrances amoureuses. Sur la plupart des morceaux, Rachel Smith, une jeune songwriteuse, l'accompagne au clavier et au chant. La Canadienne éveille notre sympathie par la sincérité avec laquelle elle offre ses chansons au public. Un petit côté Joan Baez, dans la simplicité et le sentiment, qui n'est pas pour déplaire, même si les morceaux manquent souvent d'originalité. Et quand Rachel, la claviériste, nous joue en solo l'un de ses propres morceaux, on est assez contents de voir une autre personnalité émerger, avec une instrumentation à la Regina Spektor, tout dans l'urgence et dans la violence retenue. Puis Tamara reprend le micro, joue ses chansons attachantes avec bienveillance. Elle va jusqu'à se mettre au centre de la salle, jouant en unplugged et chantant encerclée par le public. Une entrée en matière à la fois intime et conviviale.

Scary Mansion

C'est au tour des Américaines de Scary Mansion de monter sur scène. Une jolie brune filiforme prend place derrière le micro, armée de son thunderstick ; il s'agit de Leah Hayes, la jeune chanteuse du groupe. Sa sœur s'installe elle aussi sur scène, théoriquement pour l'accompagner de sa voix. Ça commence mal, Leah nous annonce d'un air exaspéré qu'elle a "mal à la gorge" (en français dans le texte). Et si le public a l'air de trouver que la belle brune se débrouille tout à fait bien avec sa voix cassée, sur scène l'ambiance est nettement moins sereine, et personne ne semble véritablement présent. La chanteuse minaude, passe son temps à se plaindre de sa voix, regarde ailleurs lorsqu'elle chante ; sa sœur reste les bras croisés, sort régulièrement de la salle, l'air dépassé par les événements. En regardant la scène, en voyant les deux filles occupées à causer chiffons, on se dit qu'elles auraient mieux fait de faire carrière en posant dans des pubs Kookaï, mais que leur vie sur scène est un peu plus difficile. Certes, les morceaux sont assez bien ficelés, même s'ils sont dans l'ensemble très insipides, et pas franchement novateurs.

Cranes 

Puis le groupe sans doute le plus attendu de la soirée arrive, avec une bonne demi-heure de retard. On se dit qu'on tient là une valeur sûre : les Cranes jouent depuis une vingtaine d'années, ont tourné avec les Cure, bref, on n'a pas affaire à des amateurs. D'autant que leur dernier album, "Cranes", rempli de ballades éthérées, était une pure merveille. Le groupe prend place, commence par un morceau du dernier album. Alison Shaw est vêtue de couleurs claires, à l'image de la légèreté du dernier album ; finies les années gothiques où la chanteuse jouait les anges sombres. Plusieurs morceaux du dernier disque s'enchaînent, correctement maîtrisés, mais sans que le fait qu'ils soient joués live y ajoute quelque chose. Quelques grands moments cependant, notamment lorsque Alison prend la basse pour jouer des titres de "Loved" ou de "Wing Of Joy" ; sa légèreté enfantine se détache alors au milieu de l'obscurité et de la lourdeur des guitares. Mais le reste du temps, il faut avouer qu'on frôle la catastrophe : l'un des musiciens s'emmêle les pinceaux et déclenche plusieurs boucles qui ne devaient pas être jouées simultanément ; Alison peine souvent à chanter juste, tandis que les musiciens ont du mal à se coordonner ; et il faut ajouter à cela une absence totale de contact du groupe avec le public. Des défauts qu'on pardonnerait facilement à des débutants, ce qui est loin d'être le cas du groupe de Portsmouth. Le concert se termine, les applaudissements sont tout de même là et quelques fans semblent n'avoir pas été perturbés dans leur adoration par ces maladresses. Tant mieux. On préférera pour notre part écouter les Cranes chez nous qu'en concert.

Catherine Guesde

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