Kip Boardman - Hello I Must Be...

13/07/2006, par Jean-Christophe Mauger | Albums |
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KIP BOARDMAN - Hello I Must Be...
(Mesmer records) [site] - acheter ce disque

KID BOARMAN - Hello I Must Be...Bon, là, il va falloir faire un effort de pédagogie. Kip Boardman vit dans un garage du sud de la Californie, arbore une tête à mi-chemin entre un Gene Clark jeune et l'idiot du village et n'a pas encore été recensé par les blogueurs à tête chercheuse qui ont contribué au bonheur de l'humanité en découvrant Clap Your Hands Say Yeah ! ou les Arctic Monkeys (il faut dire que le pauvre n'a même pas de page Myspace et que son seul succès d'estime se situe sur les rivages scandinaves). Bref autant de chances que vous tombiez sur "Hello I must be..." que de croiser un martien chez le cordonnier. Ce qui serait dommage - le casting assez soigné de musiciens de studio qui accompagne Boardman (Tony Gylkison, guitariste chez X et Lone Justice ; Danny Mc Gough, clavier avec Shivaree ; Don Heffington, batteur au CV plus lourd que sa frappe ; et Van Dykes Parks, qui vient visser son meccano de cordes sur un titre) ne donne en effet qu'une idée brumeuse de ce délicieux deuxième album. Dès l'ouverture (guitare soyeuse pour filer la mélodie, batterie tictacante pour danser avec les clochettes et une voix qui escalade sans effort mais avec ferveur), vous chuterez droit dans une faille spatio-temporelle (Venice, 1972), baignée d'une sunshine pop comme on ose à peine en rêver. Boardman chante comme un Randy Newman avec dix centimètres de plus, ou comme un Donald Fagen en moins caustique, et compose des pop-songs dont ses illustres modèles ont perdu jusqu'au souvenir : que ce soit la guitare ondoyante et les choeurs taquins de "Losing Streak", la mélodie toute en retenue de "Life Would Leave Us" ou la douce mélancolie jazzy qui émane de "The Wheel", tout l'album exhale un parfum certes légèrement suranné mais dont vos glandes olfactives auront plaisir à retrouver les arômes. Le sommet (relatif : répétons-le, tout est fabuleux) est finalement la reprise du "Dirty Work" de Steely Dan dont on ne dira rien pour ne pas déflorer la surprise sauf que sa relecture semi-country, avec une pedal-steel à mourir, justifie à elle seule que Kip Boardman vende des disques ailleurs qu'à Malmö ou à Trondheim.

Jean-Christophe Mauger

Hello I must be
What are Clouds
Losing Streak
Good Place to Hide
Dirty Work
Life Would Leave us
Spin me Around
Socks have Holes
The Wheel
Truth and the Idiot


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