Jason Edwards - Interview

01/02/2010, par Christophe Despaux | Interviews |
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JASON EDWARDS

Carrément à l'"Ouest" puis en plein marasme, Jason Edwards a trouvé refuge dans un Paris aux vapeurs d'Americana. "Doldrums", son nouvel album, fait pousser des fleurs vénéneuses sur un folk sans âge. "Loose Armageddon" chante-t-il sur "Holy Doom" et, de fait, sa musique à pouls ralenti a la douceur d'une apocalypse lâche. Rencontre avec un Anglo-américain au français impeccable, véritable culte en devenir.

Jason Edwards


Ta musique est intemporelle, comment as-tu fait pour te retrouver sur un label électro de pointe, Kill The DJ ?
Quand j'ai enregistré "Ouest", je l'ai fait chez moi, j'en avais déjà enregistré d'autres, mais celui-là s'est retrouvé de main en main jusqu'aux oreilles de Chloé et d'Ivan Smaegghe. Ça leur a plu et ils m'ont appelé en me disant que ça les intéressait de me produire. Les DJ ne sont pas que cantonnés à l'électro. "Doldrums" a été également réalisé pour Kill The DJ mais cette fois-ci en studio.

Cohen, Dylan, Barrett, Waits : est-ce que tu acceptes tous ces noms qui viennent spontanément à l'esprit quand on écoute ta musique ?
Ah oui, ceux-là, oui ! Il y a Lennon aussi qui a été l'élément déclencheur de mon envie de faire de la musique et de chanter. J'ai commencé à jouer de la guitare à 16 ans.

Tu as commencé par des reprises ou tes propres compositions ?
Les deux. J'adore chanter les chansons des autres parce qu'on admire peut-être plus ce qui ne sort pas de soi. J'ai toujours aimé chanter. Quand j'étais petit, mon père chantait des vieilles chansons country.

Quelles sont les chansons que tu reprends sur scène ?
Je n'en reprends pas. Justement, j'y pense. A chaque fois, je me dis qu'il faut vraiment que je trouve un morceau à reprendre, et je n'y arrive pas. Peut-être celui que j'utilise pour faire la balance avant les concerts, "Bring A Fire" de Johnny Cash, ce serait possible.

As-tu déjà tourné à l'étranger ?
Pour l'instant, non. J'adorerais. J'ai un peu voyagé avec ma guitare et j'étais mon propre tourneur. J'ai joué dans des petits clubs, dans les métros de New-York et de Paris.

Tu te sens plus proche de l'Amérique ou de l'Angleterre, personnellement et musicalement ?
Beaucoup de choses qui viennent des USA m'ont nourri. Pour ce qui est de la musique anglaise, un peu de pop, Syd Barrett, les Beatles, mais à part ça, pas trop.

C'est ta compagne qui chante avec toi, notamment sur "Dandelion" ?
Oui, Emmanuelle. Elle apporte un peu de lumière. On essaie les chansons à la maison, et puis elle chante avec moi sur scène, elle éclaircit un peu les mélodies.

Le mélange de vos deux voix me rappelle un peu ce que fait dans un genre plus anglais Baxter Dury ? Est-ce que tu connais sa musique ?
Non, il faudrait que je jette une oreille. Il faut me donner des conseils, je ne connais rien à la musique d'aujourd'hui.

Le premier album faisait la part belle à diverses drogues ou alcools. Au contraire, le nouveau semble regorger de créatures qui sont peut-être nées de l'absence de ces "remèdes"...
Cela me paraît assez valable comme interprétation. Disons que les angoisses enfantines ressurgissent de temps en temps dans ma vie quotidienne.

 

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