Jack White en roue libre

18/07/2012, par Christophe Despaux | Clips |
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Jack White est le Johnny Depp du blues-rock moderne, on l'a déjà dit, on se répète. C'est un mime, laborieux mais doué, de splendeurs passées. Prenons son dernier clip réalisé par Hype Williams, "Freedom at 21" : White y ressemble au Barnabas Colllins de Dark Shadows croisé avec un maquereau black qui se piquerait de classe. La colorimétrie défaillante le condamne à un blanc-bleuté à la Sin City, et l'esthétique comics lorgne plus d'une fois vers le Grindhouse, genre remis au goût du jour par Tarantino et Rodriguez dans un récent et discutable diptyque. Thématiquement, on frôle le caniveau, puisqu'il s'agit d'un pur et simple excès de vitesse, entre Stylo de Gorillaz (le caméo réduit de Josh Homme en lieu et place de Bruce Willis) et le toujours aussi jouissif Telephone de Lady Gaga (l'épisode pénitentiaire en mode straight, avec des bombasses à QI intégré qui affolent notre blanc-bec). A ce degré de récupération, on bâille d'ennui. Quelques plans de White à la guitare nous rappellent qu'il vogue vers la gloire en solo, et que c'est un virtuose (le logo Fender nous en aveuglerait presque). Tout ça est primaire, régressif, d'une laideur assez optimale, mais surtout beaucoup trop long pour ses 2 minutes et des poussières. Seul le passage dans le tunnel avec la crypto-succube sur le capot est sauvable (plus une brève grimace de White qui ne le flatte pas spécialement). Paraphrasons Eluard pour finir comme on peut. Sur les murs des prisons, dans les clips des blaireaux, j'écris ton nom : vulgarité !

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