Interview de Thomas Desmaison, vice-président d'Elizabeth My Dear - XVIe festival Ô les Chœurs

25/10/2012, par Béatrice Lajous | Interviews |
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Avez-vous pris des risques ? 

Tu prends nécessairement des risques quand tu proposes un tel plateau, que tu sois au fin fond du rural ou en plein cœur d'une métropole. La programmation est totalement éclectique et exigeante. Il suffit de la regarder de près. Après, c'est ça qu'on recherche. Le risque est calculé. Si vrai risque il y a au final, c'est celui d'être mal compris de certains de nos « habitués ». Mais on va travailler sur une pédagogie de comptoir efficace.

Quel serait ton meilleur souvenir et/ou ton pire imprévu pendant les préparatifs du festival ? 

L'annulation au dernier moment. La plaie qui déchire l'organisation de tous festoches. Sinon, il faut bien dire que cette année on a battu un beau record, celui de la date d'achèvement de la programmation : mi septembre ! On n'en est pas fier, mais on a vraiment l'impression que ça devient de plus en plus compliqué de travailler avec certaines grosses boites de booking.

Comment pourrais-tu décrire le public ? 

On peut avancer l'idée selon laquelle on a trois grands types de publics, qu'on essaie de satisfaire du mieux possible. Il existe un public de fidèles, non pas par conviction nécessairement artistique, mais parce qu'ils sont ravis de pouvoir profiter d'une offre culturelle et festive qui change de la monotonie locale. A l'opposé, il y a un gros apport de la part d'étudiants ou de jeunes travailleurs qui sont absents la plupart de l'année, et qui, revenant pour la Toussaint, retrouvent avec intérêt un événement et des concerts de bonne qualité. Enfin, il existe un public de personnes plus âgées, moins habituées des festivals, mais attirées par notre effort, avec d'autres partenaires, de diversification, comme par exemple cette année autour du concert de Barbara Carlotti qui se produira au Théâtre.

Peux-tu nous en dire plus sur les différents temps forts (Barathon,"IN") et les lieux choisis ? 

Plusieurs temps forts, même si l'ultime reste le dernier weekend, moment des deux soirées du « In », avec notamment quelqu'un dont on entend énormément parler dans tous les médias actuellement, Rone. On le suivait depuis longtemps, à l'instar de tout ce réveil électronique à l'identité très kraftwerkienne. Là, ça colle bien, son nouvel album est qualifié de « rêve éveillé plus que rave avinée ». Et il faut bien rêver, aussi. Il sera parmi nous le vendredi 2 novembre dès 2h. Mais le Barathon de ce weekend sera un moment de rassemblement extrêmement jouissif et rock'n'roll, il faut vraiment voir ça. Avec quelques futures pointures de la scène française, comme les Nickel Pressing ou L'Orchestre National Marcel Duchamp, ou encore les Fills Monkey. Tout ça dans une dizaine de débit de boissons de notre bonne vieille ville. Comme d'habitude on va bien rigoler. Enfin, les « Inouïs du printemps de Bourges » (anciennes « Découvertes ») et le très attendu concert de Barbara Carlotti seront également deux très beaux moments c'est certain.

Combien de personnes attendez-vous pour l’événement ? Des conseils côté logistique ? 

Concernant l'affluence générale, on attend entre 2000 et 5000 personnes. Je conseille ardemment de réserver dans la magnifique offre de gîtes ruraux et de B&B locaux pour l'occasion. C'est pas si cher que ça si on vient à plusieurs, et ça permet de profiter du plaisir rustique qui caractérise notre pays. Sinon, il y a des hôtels comme partout ! Et de très bons restos.

Quels sont tes coups de coeur pour cette édition ?

Je ne m'apesantis pas plus sur Rone. On attend beaucoup du jeune Mekanik Kantatik, que l'on présente comme un projet génial d'un homme orchestre génial. Les Action Beat seront très attendus aussi, avec leur fureur multibatterie, multiguitares, multitout. A noter aussi, le plaisir de voir ou revoir Daniel Darc, histoire de vérifier s'il est toujours en vie. Enfin, des confirmations, comme les Naïve New Beaters, Clara Moto et Joakim. A titre personnel, je repioche dans un groupe limougeaud qui va passer 3 fois lors de notre festival, et dont je suis tombé complètement amoureux : Mountebank.

Comment est accueilli le festival sur les réseaux sociaux ? 

C'est pas folichon, mais on a l'habitude. Les locaux savent qu'il viendront, ils ont pas besoin de se le noter ou de le montrer. Et pour les plus lointains, le projet d'expédition tulliste a un côté aventureux dont il faut vaincre la crainte. Après c'est vrai qu'on fait de mauvaises blagues sur Facebook, aussi, parfois.

Comment te sens-tu à quelques jours du lancement du festival ? 

Serein. Et assoiffé.

Qu'est-ce qui fera, pour toi, la réussite de cette édition ? 

Le bar, comme d'hab. Et les artistes, accessoirement. Et vice-versa.

http://www.elizabethmydear.org/

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