I Am Kloot - Gods and Monsters

14/05/2005, par Jean-Christophe Mauger | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

I AM KLOOT - Gods And Monsters
(Pias) [site] - acheter ce disque

I AM KLOOT - Gods And MonstersOubliez le nom débile. Oubliez le titre du disque, d'une platitude à rendre jaloux un banc de limandes. Glissez sur la pochette, candidate déclarée au titre de l'habillage le plus laid de 2005. Effacez aussi de votre mémoire les deux précédents albums de ce trio de Mancuniens qui, avec ses miniatures folk rappelant les Sea Shanties des dockers du Nord, avait réussi à devenir un compagnon de vie dont on se plaisait à prendre des nouvelles. Bref, lavez votre cerveau au karcher avant d'aborder "Gods and Monsters" - un disque que John Bramwell et ses acolytes qualifient comme marquant une "évolution". Bien. Depuis Darwin (et un groupe qui a baptisé son premier album "Natural History" ne doit rien ignorer de Darwin), on sait que l'évolution procède par variation-sélection : une mutation est sélectionnée si elle assure un avantage comparatif à l'individu qui en est porteur (la fameuse survie du plus apte) et elle est dans ce cas transmise à la descendance. Si "Gods and Monsters" est un album de mutation, c'est vers l'hyperbole : plus de guitares, plus de caisse claire qui résonne, plus d'orgue, plus de tout. On serait étonné (et à vrai dire, on regretterait profondément) qu'une telle "évolution" soit à l'origine d'une plantureuse descendance car ce n'est pas dans cette sédimentation de couches musicales qu'I am Kloot est le plus à l'aise : "No Direction Home" envoie la sauce, avec un orgue qui escalade quatre à quatre le clocher de l'église mais se jette dans le vide à l'arrivée ; "Sand & Glue" part plutôt bien, mais se perd en chemin dans un délire synthético-bruitiste qui colle aux doigts. Le salut, c'est dans les folk-songs gentiment récessives reléguées comme des cancres en fin de disque qu'on finira par le trouver : "Dead Men's Cigarettes", astucieux duo vocal rebondissant sur des cymbales élastiques, est peut-être la meilleure chanson jamais écrite par John Bramwell et "I Believe", avec sa mélodie légèrement empruntée à "Chimes of Freedom", laisse entrevoir une petite lueur. Malgré la cigarette du condamné, les I am Kloot continuent à y croire : on va essayer de les suivre.

Jean-Christophe Mauger

No Direction Home
Gods and Monsters
Over my Shoulder
An Ordinary Girl
The Stars Look Familiar
Strange Without You
Astray
Hong Kong Lullaby
Sand and Glue
Avenue of Hope
Dead men's Cigarettes
Coincidence
I Believe


Acheter sur Amazon Écouter sur Spotify


les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog