Herman Düne - Interview

20/04/2005, par Jean-Charles Dufeu | Interviews |
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Qu'est-ce que vous faisiez avant d'enregistrer des disques ? Parce que finalement, le premier album est sorti assez tard...

André : Avant d'enregistrer des disques, on enregistrait des cassettes. On a toujours fait de la musique.

Tous les trois ensemble ?

Néman : On se connaît depuis très longtemps. J'étais à l'école avec David. On a commencé à faire de la musique ensemble.

David-Ivar : Moi je n'ai jamais voulu faire autre chose. C'est ce que je préfère et c'est ce qu'on a toujours fait.

Vous avez quelques disques de r éférences...

David-Ivar : Tu parlais des Modern Lovers tout à l'heure.. Je dirais “Back in Your Life” de Jonathan Richman. “Blood on the Tracks” de Dylan, “Sweden” des Mountain Goats, “Low Down” de Prewar Yardsale, “Beggar's Banquet” des Rolling Stones, “White Light White Heat” du Velvet Underground.

(A Néman et André) Pour vous c'est pareil ?

André : On écoute tout le temps la musique ensemble, on est dans le même camion.

Néman : J'ajouterais “New Skin for the Old Ceremony” de Leonard Cohen , “Crooked Rain” de Pavement

David-Ivar : “Natural Bridge” des Silver Jews... Pour les classiques ça peut changer. Pour les Stones par exemple, “Beggar's Banquet” c'est mon préféré en ce moment, c'est vraiment celui que j'écoute le plus. Mais à d'autres moments, ça peut-être “Sticky Fingers”, “Let it Bleed” et des fois “Out of Our Heads”, que je mets parmi les meilleurs.

Vous semblez très accordés sur vos goûts en tout cas...

Néman : C'est vrai qu'on passe beaucoup de temps ensemble, donc on écoute beaucoup de choses ensemble aussi.

David-Ivar : On a beaucoup de points communs, oui. (Rires) Mais il peut arriver qu'on ne soit pas d'accord. Par exemple André n'aime pas Joanna Newsom, et moi j'adore.

J'ai vu que vous aviez interviewé Will Oldham. L'interview est d'ailleurs assez marrante. C'est quelqu'un que vous voyez de temps en temps ?

André : Tu trouves que l'interview est marrante ? Parce que j'avais relu, je trouvais ça vraiment moyen en fait...

David-Ivar : (Rires) Moi j'adore ce mec là, je trouve qu'il est vraiment marrant. Enfin un peu bizarre et mystérieux. On ne peut pas dire que je le connaisse bien mais bon je l'ai vu quelques fois. Il est vraiment dans son monde, il dit des trucs super bizarres, tu ne sais pas s'il rigole ou pas. Il a un personnage qu'il a construit mais dans lequel il est à fond maintenant. Il est très drôle en fait. Il fait que des blagues. Mais parfois tu comprends rien. C'est un type qui me fait penser à mon frère parfois, enfin pour ce que je connais de lui, parce que, encore une fois, ce n'est pas mon meilleur ami, mais je le vois de temps en temps. Il décide de faire un truc, et il le fait même si ça n'a aucun sens. C'est une décision arbitraire mais une vraie décision quand même. André fait ça aussi des fois.

(A Andr é) A quelle occasion par exemple ?

André : Il faut demander à David.

David-Ivar : Je sais pas, il y a des gens qui sont comme ça... Ils décident de ne plus marcher que sur le trottoir de droite et ils le font.

André : J'aime beaucoup faire ça. (Sourire)

En tout cas, dans cette interview, il y un mot qui revient souvent c'est "protestation". C'est important pour vous, c'est quelque chose qui fait partie de vos chansons ?

André : Dans nos chansons je ne pense pas, mais plutôt dans notre mode de vie et dans les relations qu'on crée, les gens qu'on est amené à rencontrer. On est à fond dans cette idée là, sans être vraiment actifs pour autant. On est plutôt des outils. Si on nous propose de jouer dans un endroit illégal, en général ça nous plaît. On s'y sent bien, mais c'est sans véritable intention, c'est naturel...

David-Ivar : Moi j'adore ces milieux là. Mais je n'aime pas trop le côté association, organisation, donc il n'y a pas vraiment d'engagement de ma part. On peut dire qu'il y a quelque chose de protestataire dans le sens où on aime bien faire des choses qui soient un peu en marge. Mais dans nos chansons, on ne parle pas de ça. Je ne saurai pas tellement écrire une chanson politique je pense. On ne se sent pas militant. C'est toujours un peu lourd à porter de l'être. Mais je pense que d'être comme nous, et de ne pas s'en cacher, c'est déjà pas mal. Par exemple, moi je suis végétalien, je ne fais pression sur personne avec ça, mais par contre, je le suis, je ne m'en cache pas, j'en parle de temps en temps. Etre comme je suis simplement, ce n'est pas ma façon de militer, mais ça peut peut-être déjà influencer des gens...

Néman : Disons que ça se fait un peu naturellement dans la façon dont on vit, dont on joue. On se retrouve assez spontanément en dehors des circuits administratifs traditionnels, sans pour autant revendiquer quelque chose en particulier et bon...

André : Il y a des militants qui se battent pour nous.

David-Ivar : Dans ma tête, je suis vachement contre plein de trucs de la société établie. Mais en même temps, je trouve que dans mes chansons, ça ne s'entend pas trop. Je pense que ça se voit seulement dans la façon dont on vit.

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