Gemma Hayes - Night on my side

07/08/2002, par Jean-Christophe Mauger | Albums |
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GEMMA HAYES - Night on my Side
(Source)

GEMMA HAYES - Night on my sideCela faisait plusieurs jours que je tournais autour de l'adjectif sans parvenir à l'agripper. "Night on my side" est un disque candide. Et dans un univers musical où le cynisme et la brutalité le disputent à l'arrogance et à la fatuité (en clair, où Eminem côtoie les Gallagher's brothers), il est rafraîchissant d'accueillir avec Gemma Hayes une douce brise iodée en provenance de Ballyporeen, charmant (je suppose) hameau du comté de Tipperary, Irlande. On ressent cette candeur chez Gemma Hayes tant à cause de son jeune âge ou de ses origines prolo-rurales que de sa délicieuse voix à la Lisa Germano ou des proclamations un rien bravaches dont sa bio promotionnelle est abondamment truffée (elle confie avec ce disque avoir voulu réconcilier deux de ses passions musicales : le folk-rock et My Bloody Valentine). Et de surcroît, elle est vraiment très jolie.
Dommage seulement que ce premier album ne parvienne pas à incarner tout le potentiel, avoué et apparent, qu'on peut discerner chez la jeune irlandaise. "Night on my side" est en fait aussi bien balisé qu'un sentier de randonnée dans le Connemara, avec un tiers de ballades languides, un tiers de power-pop vitaminée et un tiers de shoe-gazing le nez dans les chaussettes. Eliminons rapidement le deuxième, actuellement débité en singles et qui (à part peut-être "Back of my hand") est affreusement gâchée par une production qui sent la M.O.R. Passons aussi sur le troisième ("Loveless" est un disque génial mais certaines des vocations qu'il a fait naître auraient sûrement gagné à rester inexploitées). C'est en définitive dans les titres lents ("Day one", "Night on my side") que Gemme Hayes parvient enfin à tenir la distance, même si des arrangements plus sobres se seraient probablement mieux mariés avec sa voix. Ce disque s'apparente à une décoction alternée, qui évite soigneusement de causer la moindre surprise à l'auditeur (lequel devine facilement dès les premières notes où il va aller et finit effectivement par s'y rendre - c'est toujours un peu gênant) et révèle finalement chez Gemma Hayes un manque de plénitude et de confiance dans la direction musicale qu'elle souhaite prendre - en quelque sorte, une forme de candeur.

Jc

Day one
Hanging around
Back of my hand
Over & over
Let a good thing go
Ran for miles
What a day
Tear in my side
I wanna stay
Lucky one (Bird of Casadaga)
My god
Night on my side

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