Folks - 1,2,3

11/01/2011, par Jean-Charles Dufeu | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

FOLKS - 1,2,3
(Autoproduit)

FOLKS - 1,2,3Il n'y a qu'une tête derrière les braves gens de Folks. Celle d'un jeune Parisien, François Gauer, qui se réclame d'Elliot Smith autant que des Pixies et qui mène la barque de cette fausse tribu en solo. Inspiré, il l'est en tout cas, sur la durée de ce premier album auto-produit, qui évoque tout de même plus le souvenir du Californien hara-kiri ("Lullaby", hommage inconscient où l'élève dépasse le maître ?) que celui de Frank Black et acolytes. Et malgré une classique économie de moyens liée à l'autoproduction, le disque ne manque pas d'ampleur. Autoportrait du jeune homme en songwriter, le tableau dressé par ces ces dix chansons dévoile par vignettes successives un caractère mélancolique empreint d'une forte dose d'ironie. On se laisse porter par les longues mélodies cotonneuses, berceuses tristes que portent une voix fragile et des arrangements en cordes entremêlées. Difficile de ne pas songer à Gravenhurst et aux halos éthérés de son Flashlight Seasons, dont les arpèges lancinants sont de la même étoffe. Et puis, en prêtant l'oreille, on commence à percevoir, derrière la sobriété automnale et l'inséparable couple guitare-voix qui structure l'album, ici des effets de cordes, là quelques notes de piano, ailleurs des choeurs ou une ligne de basse, et même quelques mesures de batterie, qui savent habiller comme il faut chacun des morceaux en en révélant l'essentiel, cette douce froideur qui caresse l'âme. Et ça fonctionne : "One of Those Guys", chanson la plus produite du disque, peut-être aussi la moins folk, en est sans doute également la plus poignante. A l'autre bout du disque, "To Die at 27", éloquente comptine autofictionnelle qui pourrait être l'hymne d'une génération de trentenaires intermittents, est une drôle de façon de conclure l'album, entre distance sarcastique et tentation du désespoir. Espérons que notre nouvel ami François continue ainsi à vaciller entre ces deux pôles sans en épouser un. Et qu'il devienne dans les années à venir un nouveau fantastique Mr Folks, titre auquel ces débuts très prometteurs pourraient bien le destiner.

Jean-Charles Dufeu

1, 2, 3
Horses on a Shore
Electro Shit
Burden
Not the Man
One of those Guys
Bossa Nova
Lullaby
Our Car at Night
To Die at 27


les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews