Festival de Beauregard, Hérouville-Saint-Clair, 5-7 juillet 2013

17/07/2013, par | Festivals |
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lapin

Dimanche 7 juillet

A la même heure et sur la même scène que GaBlé la veille, on découvre les quatre Rennais de Juveniles, dont l’électro-pop tubesque regarde résolument vers l’Angleterre de New Order (et de Caen, on y est vite).

juveniles 2

Des chansons fuselées jouées avec beaucoup de fraîcheur et d’enthousiasme, à peine ombrées par la voix légèrement mélancolique du chanteur : comme on pouvait s’en douter, l’accueil est chaleureux. Un groupe qui pourrait aller loin.

juveniles 1

On se souvient d’avoir vu les Belges alors quasi inconnus de Balthazar sur scène à l’époque de leur premier album et d’avoir été fortement impressionné. Leur deuxième, l’excellent “Rats”, les a fait connaître d’un plus large public, et leur réputation scénique n’a fait que grandir.

Balthazar 1

Le groupe a deux chanteurs lead, ce qu’on avait oublié et qui ne saute pas à l’oreille à l’écoute des disques (il est vrai que leurs styles vocaux sont assez proches). A l’image de leurs chansons qui réussissent à être accrocheuses sans tomber dans les facilités mélodiques ou rythmiques (l’école dEUS ?), leur prestation est à la fois énergique et subtile. Un triomphe modeste, à la belge.

Balthazar 2

On zappe Olivia Ruiz pour aller goûter une bière locale à l’espace VIP (on l’entend d’ailleurs très bien de là-bas) et on retourne à la scène B à 18 h pour un autre Français, Benjamin Biolay. Curieusement vêtu d’une veste de jean délavée sans manches sur un T-shirt noir laissant voir ses biceps tatoués (dis, Benji, tu te crois au Hellfest ?), le chéri de ces dames paraît plutôt en forme. On le sent de plus en plus à son aise sur scène, porté par l’amour du public. Les tubes défilent (“La Superbe”, “A l’origine”, “Padam”…), réarrangés, plus rock, entre des extraits du nouvel album, dans un irrésistible crescendo. C'est de la bombe, B.B. !

Biolay

The Hives, eux, sont dans une autre dimension. Sans doute l’un des tout meilleurs groupes de scène de ces dernières années, et, vêtus de tenues de mariachis (les roadies sont quant à eux déguisés en ninjas), ils ne se privent pas de nous le rappeler.

Hives 1

Hives 2

Le chanteur, Pelle “le conquérant” Almqvist, affirme carrément, dans un franglais comique, que le château du domaine est désormais à eux, et que nous y sommes les bienvenus. A côté de cet ego trip XXL, Kanye West et Jay-Z passeraient quasiment pour des gars simples et humbles. Musicalement, les Suédois offrent une succession parfaitement rodée de tubes garage, sans surprise mais tout à fait jouissive.

Hives 3

Hives 4

Le groupe suivant (sur la scène B) étant Skip The Use, on préfère rester du côté de la scène A, histoire d’être bien placé pour l’un des concerts événéments de cette édition : Nick Cave and the Bad Seeds dans leur on-ne-sait-combientième incarnation.

Nick Cave 1

Et ça démarre très fort, par “Jubilee Street”, tiré du dernier album, suivi de trois morceaux chéris des années 80, “From Her to Eternity”, “Deanna” et un extraordinaire “Tupelo” lors duquel Nick, en chemise fantaisie et costard noir brillant, donne longuement la main à un fan.

Nick Cave 2

Nick Cave 4r

“Into My Arms” au piano calme le jeu avant que ne se déchaînent depuis l’avant-scène “Higgs Boson Blues”, l’incontournable “The Mercy Seat” et “Stagger Lee”, aux paroles un peu modifiées (de mémoire : “Here comes the devil/A fucking iPhone in his hand”). Tirant sa révérence après neuf morceaux seulement, le groupe revient pour un rappel apaisé, “We Real Cool” – parfait résumé de ce concert aussi classe et intense qu’on pouvait s’y attendre.

Nick Cave 3

Nick Cave 5r  Nick Cave 6r

Dans l’après-midi, on avait vu Brendan Perry de Dead Can Dance se rendant pour une interview à l’espace presse, ressemblant à un touriste lambda. Lisa Gerrard et lui ont-il croisé Nick Cave backstage, et se sont-ils raconté des souvenirs d’anciens combattants de la scène indie-punk australienne ?

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Toujours est-il que si l’auteur de “The Ship Song” n’a pas coupé les ponts avec ce passé tumultueux, ses deux compatriotes s’en sont irrémédiablement éloignés, inventant au fil des ans et des albums leur propre syncrétisme musical, toujours fascinant.

dcd 3

Sur scène, pour l’une des dernières dates d’une grande tournée internationale, les synthés se mêlent aux percussions omniprésentes et aux instruments traditionnels, à la glossolalie de Gerrard succède le grec moderne dans une reprise d’un morceau de rébétiko par Perry, les voix nous offrent des frissons rares.

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On se demandait comment une musique aussi solennelle (quoique plus sensuelle qu’on ne le dit) allait passer dans le contexte d’un grand festival en plein air ; non seulement le son est très correct (encore meilleur avec des bouchons filtrant les légères saturations), mais le public est attentif, recueilli, même. Un très beau moment.

On préfère rester sur notre nuage et laisser les sympathiques C2C passer des disques sans nous. Après avoir placé la barre aussi haut, Beauregard va devoir se dépasser pour l’édition 2014. Hérouville-Saint-Clair est en tout cas en passe de devenir une étape obligée sur le parcours des grands festivals d’été. See you next year !

C2C

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