Explosions In The Sky - How Strange, Innocence

09/01/2006, par Rodérick Petetin | Albums |
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EXPLOSIONS IN THE SKY - How Strange, Innocence
(Temporary Residence / Differ-Ant) [site] - acheter ce disque

EXPLOSIONS IN THE SKY - How Strange, InnocenceTemporary Residence a eu une excellente idée en rééditant ce premier album d'Explosions In The Sky, enregistré en deux jours et gravé à l'époque (en 2000) à 300 exemplaires, le groupe était passé assez rapidement à autre chose en confessant que s'ils avaient pu recontacter les acheteurs un par un pour détruire tous les exemplaires, ils l'auraient fait... A l'écoute des sept morceaux de cet album, il faut croire que les Texans n'ont pas eu les moyens ou le temps d'appliquer à la lettre le schéma qu'ils avaient en tête et qu'il en a découlé une certaine frustration, puisque malgré les stigmates du premier jet, "How Strange Innocence" peut être considéré comme un des albums importants du post-rock. La production, beaucoup plus brute que sur les opus suivants ("Those Who Tell The Truth...", "The Earth Is Not a Cold Dead Place"), doit sûrement faire partie des aspects que le groupe auraient voulus différents.
Cet album peut être assez facilement rapproché du "Ten Rapid" de Mogwai. Les deux disques ont cette même base brute guitare-basse-batterie poussée dans ses derniers retranchements pour qu'elle transporte, pour qu'elle grise quiconque l'écoute. On y devine aussi l'évolution des deux groupes, la face ténébreuse, inquiétante (l'orage qui gronde) de Mogwai ainsi que leurs envies d'expérimentations électroniques, et pour Explosions, on ressent cette dynamique, cette volonté d'éclairer le son (l'éclaircie et l'arc-en-ciel qui transperce) et ce penchant pour les guitares sans aucune incursion vers les beats synthétiques ou les samples.
L'album commence par un des titres les plus sombres, "A Song for Our Fathers", les guitares viennent affoler l'ensemble dans un final bastonné à la batterie. Dès le deuxième titre, les Texans flirtent avec le sublime dans une chanson de huit minutes qui symbolise, à elle seule, tout ce que leur musique peut évoquer sans la moindre parole. La batterie est à nouveau aérienne et magnifie les éclairs de guitares. "Time Stops", un peu plus tard, passe par tous les états et finit par un maelström de guitares hallucinant, chaque nouvelle couche apportant au fur et à mesure de la progression une nouvelle teinte au morceau. "How Strange Innocence" termine son vol tout en douceur par une longue ballade qui s'applique, elle, à ne surtout pas partir en vrille ("Remember Me As a Time of Day").
Devant tant d'ingéniosité et de mélodies fourmillant dans un cadre aussi strict, il est difficile de se ranger derrière l'avis du groupe et de déconseiller l'album. "How Strange Innocence" est, au contraire, vraiment captivant et constitue un excellent contre-argument pour ceux qui trouvent le post-rock un peu chiant aux entournures.

Rodérick Petetin

A Song for Our Fathers
Snow and Lights
Magic Hours
Look Into the Air
Glittering Blackness
Time Stops
Remember Me As a Time of Day


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