Eurockéennes 2011 - Du 01/07 au 03/07

07/07/2011, par | Festivals |
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Dimanche 3 juillet :

Binary Audio Misfits - Eurocks 2011

Le début est de plus en plus tôt : c'est en effet à 15h45 que Binary Audio Misfits, projet de Michel Cloup, monte sur scène. Un bon début, qui secoue les corps fatigués par les deux premiers jours : entre hip-hop et rock agressif, propulsé par deux MC hyper motivés, B.A.M. mérite bien son diminutif. La transition avec le folk désertique et tranquille de Moriarty est assez rigolote à vivre, mais surtout, le groupe franco-américain m'a agréablement surpris. Rien de bien neuf, mais de la présence, de la conviction et une touche de nervosité qui anime les chansons, ce qui les sert franchement bien. Et les nouveaux titres ne jurent pas à côté des tubes plus anciens du groupe ("Private Lilly", "Jimmy"), ce qui est toujours appréciable.

Je dois arbitrer mon choix entre Karkwa et The Do. Je choisis les Québécois, et regrette à demi mon choix au final. Je ne suis jamais vraiement rentré dans l'univers de nos cousins d'outre-Atlantique. Très soignées musicalement, les chansons du groupe m'échappent pourtant : j'ai du mal à capter les paroles (ayant vécu un an au Québec, l'accent ne me gêne pas - peut-être le son ?), du mal à me dépêtrer des enchevêtrements mélodiques aussi, et un je ne sais quoi qui me laisse dehors (le français employé me surprend aussi, à vrai dire). Semi-déception donc, sans que cela remette les qualités de composition du groupe : ce n'est pas mon truc, je n'ai pas cette corde à mon arc il faut croire.

Maintenant, c'est au tour de Katerine de venir se trémousser sur la scène. Et j'ai beaucoup ri, mais dans le sens positif de la chose. Certes, musicalement, c'est assez proche des paquerettes, mais le second degré, le côté je m’en foutiste du bonhomme, ses textes très décalés et sa façon d'être m'ont fait rire. Et le tout est rôdé : "La Banane", "J'aime tes fesses", "Parivélib'" ou encore "Des bisoux" remportent l'adhésion du public, qui se fout allègrement du fait qu'il chante faux, de la moustache effrayante qu'il arbore ou du kitsch des costumes de ses "danseuses". Katerine, c'est un spectacle, et ça m'a fait beaucoup rire, et c'est déjà beauoup.

Le retour vers la Plage me promet de rencontrer une des sensations de ces derniers mois : c'est Odd Future qui doit jouer. Et j'ai franchement adoré le show de Tyler et sa bande ! Complètement survoltés les jeunes américains ont fait disjoncter le public, présent en masse et conquis d'avance. peut-être un zeste confus, mais il y a du talent dans cette team-là : le flow de chacun est impeccable, la petite aux platines assure comme une pro et on ne les sent pas encore blasés, même s'ils s'autorient quelques poses, finalement plus sympathiques qu'irritantes. Une heure de set, mené tambour battant, sans setlist mais surtout sans temps faible !

Odd Future - Eurocks 2011

Je passe assez vite sur Aaron, qui ne m'a pas retenu devant son spectacle un peu mou, et du coup, je me suis mis à attendre pour Arcade Fire. Et les Canadiens n'ont pas déçu, loin de là. Comme d'habitude, ils ont pioché allègrement dans leur discographie pour composer la setlist : "The Suburbs" a ouvert le set, suivi de "Month of May" et "Rebellion (Lies)". Son propre, envie encore une fois palpable, on sent un peu de fatigue chez Win Butler (beaucoup de dates dans les jours avant) mais ils se donnent. Les enchaînements de chansons sont parfois tout simplement magiques ("Neighboorhood #2" / "No Cars Go"), Régine chante délicieusement faux (sauf sur "Sprawl II (Mountains Behind Moutains") pendant que Will Butler s'en donne à coeur joie sur les instruments qui lui passent entre les mains. Même "Intervention" est jouée, et le final sur un trio "Neighboorhood #3 (Power Out)" / "Ready to Start" / "Wake Up" me laisse une simple impression : ce groupe-là a quelque chose en plus, une façon d'ouvrir son futur sans tourner le dos à un passé déjà brillant. Sublime, réellement !

Arcade Fire - Eurocks 2011

Je ne pourrai en dire autant du duo (mais complété par un batteur live) de Crystal Castles. Mais ça n'a pas tenu qu'à eux : le son s'est brusquement effondré plusieurs fois pendant le set, laissant les gens un peu sur leur faim, avant que la colère monte : quoi de plus paradoxal que de voir Alice se contorsionner sur les écrans géants dans un (relatif) silence, avec force stroboscopes et lumières hallucinantes. Très dommage, mais quand le son a filtré, ça remuait beaucoup et faisait montre de vertus électropunk bien plus digestes que la plupart des groupes du même genre.

Et pour finir, le festival avait confié les clés de la boutique aux Arctic Monkeys. Je vais sans doute me mettre des gens à dos, mais je trouve que le groupe de Sheffield n'a rien d'un grand groupe de scène. Ils ont les chansons, oui, en tout cas beaucoup que j'aime. Mais cette façon de les débiter, de les jouer à toute bringue, mais aussi de les alourdir (pourquoi tous ces roulements de batterie ?), ça ne m'a pas plu. Lancé à pleine vitesse, le train Arctic Monkeys oublie de s'arrêter à certaines gares, manque d'aérer sa setlist comme il le pourrait (ce qui est d'autant plus dommage donc), et me laisse le goût d'un groupe qui a gagné en muscles ce qu'il a perdu en souplesse et tonicité. Dommage, Alex Turner a le talent pour donner une touche féline à ses compositions, mais le jeune homme et ses copains échouent à retomber sur leurs pattes.

Le spectacle de fin donné par la troupe des Plasticiens Volants viendra atténuer la petite déception finale, et redonnera à cette édition 2011 la couleur qui est la sienne : celle d'un bon cru, qui a su séduire (samedi complet, 95 000 spectateurs en tout) et me donner déjà le goût de revenir l'année prochaine. Allez, rendez-vous en juillet 2012 !

Photos : Mickaël Choisi

Merci à Ephélide.

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