Eurockéennes 2011 - Du 01/07 au 03/07

07/07/2011, par | Festivals |
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Bon, la voilà la journée des bourrins. Bon, ok, j'exagère, mais en ce samedi nuageux, le site est rempli, parce que devinez quoi : Motörhead vient secouer les vieux de la vieille. On est quitte pour en ressortir les vieux Perfecto et les t-shirts plus tout à fait noirs et moins seyants qu'il y a ... (mettez le nombre d'années que vous voulez).

Mais pour commencer, je me dirige vers la Plage pour les Bordelais de Mars Red Sky. Directement dans la suite de leur tournée chez nos amis d'Europe du Nord, on sent le groupe affûté, souriant aussi. Ok, la musique du trio n'incite pas forcément à beaucoup sourire, mais le charme hypnotique des rythmiques plombées, de la guitare consciencieusement maltraitée et du chant aérien de Julien Pras m'ont complètement conquis : la musique semble faite d'un seul bloc, mais la durée des chansons permet à celles-ci de prendre le public avant de le relâcher, un peu broyé mais heureux. Très belle prestation donc, à un horaire pas évident en plus (16h45).

Mars Red Sky - Eurocks 2011

Dans la foulée, je m'arrête sur le chemin pour revoir Anna Calvi. Bon point : elle est toujours aussi douée, a relâché ses cheveux (bonne idée) et ses chansons me font toujours autant d'effet. Mauvais point : elle semble un peu fatiguée, et je me demande un peu où l'enchaînement infernal de dates qui l'attend va la mener. La voix a un peu perdu de sa force, a un peu moins d'ardeur : si ça passe très bien sur un set de 40 minutes, l'endurance pourrait manquer quand reviendront le temps des sets de une heure et plus. Attention à ne pas briser cette jeune femme !

Ceux qui ne risquent rien en revanche, ce sont les membres de Kyuss Lives !. Préalable : Josh Homme de Queens of the Stone Age passe dans la foule, se pose sur le bord de la scène, le temps de dire hello à ses vieux potes, et le public est en émoi, pour ne pas dire plus. Les vieux de la vieille du stoner sont certainement ravis de la présence du grand roux, mais surtout, Kyuss Lives ! a fait le boulot avec application, concentrés sur leur stoner bien lourd, puissant et massif, du genre monolithique mais au final assez séduisant, malgré une durée (1h30) qui peut fatiguer. Grosse batterie, basse vrombissante, chant éraillé : ça a suffi au public pour slammer à tout va, au point de faire sortir de ses gonds un membre de la sécurité...

Kyuss Lives !

L'enchaînement avec Raphael Saadiq sera fatal à ce dernier : je n'ai finalement pas très envie d'entendre de la soul, même de loin, et surtout quand celle-ci est aussi propre sur elle. Certainement pas désagréable, mais je crois que je préfère encore aller manger un morceau avant justement ce qui est censé être justement le gros morceau de la soirée, Motörhead. Et donc le ventre plein, et les deux pieds campés au sol, j'attends. Ce bon vieux Lemmy, précédé de sa légendaire verrue et de sa fière moustache, flanqué de son guitariste et de son batteur, entame le set. Puis ? Ben, pas grand chose. Lemmy a visiblement une vilaine crise d'arthrite : c'est basiquement assez mou, joué sans grande énergie et en plus, avec un niveau sonore très raisonnable. Un comble, non ? Alors il a fait le boulot, mais avec à peu près autant d'envie et de détermination qu'un employé de bureau à une semaine de la retraite.

Le contraste, non pas avec House of Pain (loupés pour cause de coup de barre) mais avec Queens of the Stone Age, est frappant et un peu triste même. La bande de Josh Homme a mis la gomme, et c'est un ouragan qui s'est abattu sur la grande scène : rien à jeter, ni dans le son, ni dans l'interprétation, ni dans le choix des chansons (entre "Feel Good Hit of the Summer", "Make It With Chu", "No One Knows", "Go With the Flow" ou "Little Sister", il y avait le choix), et au final, l'impression que Josh Homme est vraiment au-dessus de la mêlée, tant il fait preuve de talent avec décontraction. Impressionnant !

La fin de la journée sera plus floue : un mauvais pari (Padwriterz, hip-hop électro qui m'a gonflé), une chouette rencontre avec un lecteur (un peu éméché, mais j'ai vu son oeil s'illuminer quand je lui ai parlé de POPnews, si si) pendant le set poum poum de Boys Noize, et une quart d'heure de Atari Teenage Riot (j'ai rien contre les hurlements, hein, mais avec en plus la rythmique assommante, pfiou). Rideau, dodo, tout ça.

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