Eugene McGuinness, moderne Arlequin ?

02/07/2012, par Christophe Despaux | Clips |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

On le sait depuis longtemps : les plus beaux clips sont aussi les plus simples, ils collent par tous les moyens au rythme du morceau, "period" comme on dit en langue anglaise. Réalisé par The Marshall Darlings, "Harlequinade" d'Eugene McGuinness nous offre un très bel exemple de réflexion et d'admiration d'autant que l'argument est simple : le groupe joue, le chanteur chante, "period" (cf ci-dessus). L'idée majeure est d'illustrer le groove particulier du morceau à la fois raide et coloré - comme si Orange Juice s'était retrouvé enfermé dans le "Non-Stop Erotic Cabaret" de Soft Cell - et l'option retenue, les membres du groupe éclairés aux néons clignotants, permet d'aller dans le sens du titre "Harlequinade", un rapiéçage de teintes chaudes et froides non plus disposées sur le costume de McGuinness - en blouson de cuir noir près du corps - mais sur le défilement des plans. Les réalisateurs jouent aussi beaucoup sur la personnalité du chanteur. Ce lad gominé qui marque gauchement le rythme ne déparerait pas sur une pochette vintage des Smiths ; voici d'ailleurs qu'il se retrouve fixé dans un univers aux allusions crypto-gay assez évidentes (l'arc-en-ciel de couleurs se succédant sur son visage, l'invraisemblable plan qui amorce sur le cul du guitariste black avant de remonter pour cadrer McGuinness - honni soit...). Que figurent exactement les bulles de savon, ballons et cotillons dont certains lui semblent jetés au visage ? On se perd en conjectures. Une excellente surprise sonore et visuelle, en tout cas (l'album "The Invitation to the Voyage" sort début août sur Domino).

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals