Erik Arnaud - Interview

10/02/2010, par Benoit Crevits | Interviews |
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Concernant la musique tu as l'air d'être attaché à une forme assez classique, la voix encore très en avant, le riff de guitare accrocheur. Comment expliques-tu ce dépouillement ainsi que la grande fidélité de la reprise de Manset ?
J'ai commencé par la guitare et je compose à 90% à partir de cet instrument. De plus je chante en français donc pas facile d'aller contre cette habitude française de la voix surmixée. Toutefois sur cet album, il y a beaucoup moins de guitare que sur les 2 précédents, manière aussi d'aller vers un peu plus de dépouillement. Etant quasiment seul sur ce disque, une des contraintes était de ne pas sonner groupe et de sortir un peu du format pop/rock, en tout cas dans son instrumentation. Quant à la reprise, je n'ai pas cherché à respecter la version originale parce que c'était Manset. Je n'ai pas non plus cherché à tout chambouler sous prétexte que c'était une reprise et qu'il fallait se démarquer à tout prix. Ça s'est fait naturellement, je chante ce morceau en guitare/voix depuis un peu de temps déjà et c'est vrai que la suite d'accords et la mélodie de voix sont fidèles à la version de Manset. L'instrumentation est très différente de l'originale je crois.

Erik Arnaud


"Richard Cordoba", un titre de l'album fait référence à un film d'Abel Ferrara. Tu as toi-même fait un peu de cinéma après le deuxième album. Tu en as tiré quelque chose pour ce disque ?
Pas vraiment, ce fut une expérience très courte et très étrange qui n'a pas connu de lendemain. Le réalisateur, CS Leigh, avait beaucoup aimé mon 2ème album, c'est pour cela qu'il m'a proposé un rôle dans son film "Process". Donc même si je n'ai pas trop compris ce que je faisais là avec Béatrice Dalle, Guillaume Depardieu et Leos Carax, j'ai quand même vu un réalisateur qui, malgré une dépendance financière totale vis-à-vis de son producteur et autres contraintes liées au tournage d'un film, a quand même réussi à aller au bout de son projet qui, pour ceux qui ont pu voir le film et, au-delà des qualités artistiques discutables du film, est une œuvre très personnelle et sans concession.


Le titre "Rocco", c'est parce que tu admires un peu le personnage ?
La chanson "Rocco", comme "Richard Cordoba" d'ailleurs, c'est un peu l'histoire d'un artiste sur le déclin ou en manque de reconnaissance comme dans la référence directe au peintre du film "Driller Killer" de Ferrara. Comment, avec ou sans succès, se reconvertir ou pas ? Continuer ou pas à écrire, chanter, jouer, peindre... ? Continuer pour soi, pour une poignée de gens ou tout arrêter ? Le personnage de Rocco est un prétexte, j'aurais pu choisir Cantona ou Santoro par exemple.


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