Erik Arnaud - Interview

10/02/2010, par Benoit Crevits | Interviews |
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ERIK ARNAUD

En ce début d'année voilà une belle retrouvaille. A l'occasion de la sortie de son nouvel album "L'Armure" et de concerts déjà annoncés, Erik Arnaud me parle de la fabrique de ses chansons et de ce qui l'a inspiré.

Erik Arnaud

Cela fait 12 ans que ton premier album est sorti. Aujourd'hui, on se souvient encore de ton regard critique sur la chanson française. Fallait quand même oser sur un premier album... Avec un peu de recul, c'était quand même gonflé, non ?
Je ne sais pas si c'était un regard critique mais plutôt une forme de rébellion adolescente. Vers 14/15 ans, j'ai commencé à écouter énormément de musique et au début je ne faisais pas le lien entre Dinosaur Jr et Léo Ferré par exemple. Je n'imaginais même pas la possibilité d'écrire une chanson "indé" en français. Puis sont arrivés les "grands frères" : Silvain Vanot, Dominique A, Diabologum... Et l'âge aidant, vers 22/23 ans, j'ai commencé à écrire en français parce que j'ai eu envie de dire certaines choses et au passage j'ai écrit une chanson sur cette difficulté à oser écrire et chanter en français compte tenu du poids de l'Histoire de la chanson française.

Les thèmes de la solitude, de l'incompréhension sont très présents dans tes textes. Je pense notamment à des titres comme "Rue de Parme", "Nous sommes". A coté de ça, tu fais un grand écart avec des titres beaucoup plus légers. Comment expliques-tu ce changement de ton, parfois même à l'intérieur d'une même chanson ?
Je ne l'explique pas vraiment. Je n'écris pas beaucoup de textes. Chaque texte est indépendant, ce qui fait que je me répète beaucoup et que je dois jeter ou réécrire pas mal de choses quand il s'agit de regrouper des chansons sur un album. Si changement de ton il y a, il n'est pas vraiment prémédité. Pour moi, les chansons "Rocco" et "Richard Cordoba" sont un peu à part et adoptent le point de vue d'un personnage. Pour les deux titres que tu cites, on est dans le personnel pour l'un et dans le collectif pour l'autre, le très intime même ("Cheval" ou "Rue de Parme") pour aller vers quelque chose de plus collectif et universel ("Nous Sommes" et "L'Armure" par exemple). Avec ce disque, j'avoue avoir essayé d'être un peu moins dans le "je".


J'ai l'impression après l'écoute de ta discographie que l'approche laissant à l'auditeur une certaine marge d'interprétation, t'a toujours intéressé.
Il n'y aurait rien de plus horrible que de cracher sa haine (ou son amour d'ailleurs) à l'oreille de l'auditeur sans que celui-ci ne puisse s'identifier un minimum ou prendre quelques distances par rapport aux propos d'un chanteur. Je n'ai pourtant jamais fait beaucoup d'efforts en ce sens mais si c'est là tant mieux car en tant qu'auditeur c'est ce que je recherche aussi chez les autres.


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