Eric Lareine - Interview

03/11/2010, par Luc Taramini | Interviews |
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ERIC LAREINE

Attention ovni… Eric Lareine inconnu ou quasi ? Dommage, sur scène l'homme est grand et depuis 30 ans qu'il tourne, il a célébré le mariage de la poésie avec le rock, le jazz, le music-hall et l'improvisation. Aujourd'hui, après 12 ans d'absence discographique, il sort un nouvel album schizophrénique qui s'intitule "Eric Lareine et leurs enfants". Un mélange de punk et de gouaille qui convoque la folie de Perec, la furie de Gene Vincent et le free de Coltrane.

Eric Lareine


Je vous ai vu il y a trois ou quatre ans au théâtre Antoine Vitez d'Ivry pendant le festival Sons d'hiver. Depuis j'ai essayé de trouver des choses sur vous, ce qui est assez difficile. Pourquoi ?
Quand vous m'avez vu c'était la période où j'avais pas mal bossé avec la Campagnie des musiques à ouïr. Mon nom était en train de disparaître un tantinet. Et je me suis dit qu'il fallait que je réagisse. J'ai donc été chercher des musiciens que j'avais rencontrés sur la route pendant toutes ces années où je faisais le guest sur les albums et dans les spectacles des autres. En parallèle, j'ai eu droit à une résidence d'écriture pour moi tout seul, un cadeau magnifique offert par le centre culturel de Foix. C'était en août 2008. En janvier 2009, on s'est réunis tous les quatre et au bout d'un jour et demi il y avait un groupe. C'était assez magnifique. Je sais pas si j'ai un talent de musicien mais je pense que je sais rassembler les gens. Ensuite, on a monté tout le répertoire en 10 jours.

Vous n'avez pas eu de problème pour que l'on vous fasse à nouveau confiance en votre nom propre ?
J'ai rencontré un type extraordinaire, Matthieu Caron, qui dirige une petite maison de production à Toulouse qui s'appelle "Vendredi production" qui est adossée à une école de musique vivante - même vivace ! Je bosse avec lui depuis deux ans, c'est en train de redécoller.

Ça fait douze ans que vous n'avez pas fait de disques, qu'avez-vous fait d'autre pendant ce temps ?
J'ai fait une résidence à Ivry avec un spectacle qui a bien marché à la suite duquel on avait une touche pour enregistrer un disque avec Chant du monde. Et puis il y a eu un problème avec le producteur et ensuite, on a reçu un fax alors qu'on était en studio qui disait "arrêtez tout, on n'a pas les thunes, ça marche pas". Là, ça m'a cassé les pattes. Pendant deux ans, je n'ai rien fait, enfin si, j'ai fait des enfants. Et puis à Toulouse, j'ai fait la connaissance de Denis Badault qui a été chef de l'ONJ (Orchestre National de Jazz, ndlr) pendant quelque temps, qui est pianiste et grand improvisateur. Il cherchait des partenaires, il est tombé sur un de mes disques et il m'a mis au défi d'improviser. Ce qu'on a fait lors d'un concert de midi à la faculté du Mirail. Là j'ai eu l'impression de sauter du plongeoir. Ça a été une révélation, un virage à 180°.

Que vous a apporté l'improvisation ?
J'ai appris la liberté. Je ne suis pas un compositeur, donc j'ai toujours composé en improvisant les morceaux. Ça a toujours été le cas avec mes anciens groupes et avec Mildo Josserand.

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