Dominique A - Interview

06/02/2008, par | Interviews |
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Tu peux nous en dire plus sur CinqSept ?

C'est un label monté par des transfuges de Barclay, Labels... Des jeunes comme toi et moi (rires). C'est un peu une histoire du rock indé français qui continue, et en même temps y a du jus, parce qu'on n'est pas encore des notables, tous. Bientôt des rentiers, mais pas des notables ! (rires)

Dominique A

Pourquoi avoir quitté Labels, branche de la major EMI, après "Tout sera comme avant" ?
Ça ne s'était pas très bien passé sur ce disque-là, il n'y avait pas un rapport de confiance. Le projet était peut-être trop ambitieux pour eux, et pas conforme à leurs attentes commerciales, ce que je peux comprendre. De toute façon, avant même de faire le disque, j'espérais que ce serait mon dernier avec eux. C'était assez déstabilisant car avant qu'il sorte, on m'avait dit : "C'est un très beau disque, c'est pas grave s'il ne marche pas, l'essentiel c'est que tu en sois content des années après." Là, je me suis dit que ça sentait bien le roussi...
Le disque avait coûté 150 000 ou 160 000 euros, j'avais mis de l'argent de ma poche car on avait dépassé le budget, et on me disait que j'allais pas vendre un caramel... Dans ces conditions, pourquoi continuer sur une multinationale, en ayant une pression sur les épaules ? Je voulais donc retrouver une structure plus à hauteur d'homme, et plus en rapport avec ce que je peux vendre comme disques. Et je crois que le climat actuel permet une résurgence des indépendants. Si on travaille avec plus de liberté et d'enthousiasme, et moins de pression, ça vaut peut-être le coup de gagner quelques roupies de moins.

Pour en revenir aux concerts, tu penses continuer à te produire en solo ?
Oui, ne serait-ce qu'à l'étranger parce que les moyens sont limités et que c'est une bonne façon de se présenter aux gens. En fait, c'est la formule la plus confortable pour moi. Bien sûr, quand je suis fatigué et que je rame, c'est horrible parce que je ne peux pas me reposer sur les autres. D'un autre côté, trouver une alchimie de groupe, c'est pas simple, la renouveler tous les soirs, c'est pas simple non plus. J'ai besoin de retourner à la performance solo pour revenir à mes sources, c'est-à-dire un répertoire qui à la base est assez intime, voir où j'en suis et, surtout, me redonner envie de retravailler avec des gens. Le principe du solo, c'est d'en faire le plus possible pour m'en dégoûter ! (rires)

Et les tournées, tu aimes toujours ça ?
C'est toujours un plaisir quand j'y suis, même si je me fais un peu violence avant d'y aller. Ce qui m'excite encore, c'est certaines soirées un peu magiques, et le fait de partir avec des camarades. Après, je ne te cache pas que c'est quelque chose qui m'excite moins que par le passé. Je vais d'ailleurs mettre la pédale très douce en 2008. Je suis décidément plus attiré par l'idée de concevoir un disque - ou du moins des nouvelles chansons, parce que maintenant il va peut-être falloir fonctionner différemment...
L'écriture m'intéresse clairement plus que la scène. En même temps, au concert hommage à Barbara au Châtelet, j'ai vécu quelque chose que je n'avais encore jamais connu, et qui me fait dire que je vais encore passer pas mal de temps sur scène. Après, sur une tournée française de cinquante dates, tu vas vivre cinq moments magiques, les autres soirées tu vas prendre du bon temps, et il y aura quelques moments désagréables. Le feu sacré n'est pas éteint, mais il n'est pas réveillé tous les soirs non plus.

Ton public, c'est plutôt des fans fidèles, ou tu vois des gens plus jeunes ?
C'est le contraire du film de Pialat : nous vieillirons décidément ensemble (rires). Mon public vieillit plus vite que moi, car je vois arriver des têtes chenues, plus que par le passé. Ça peut être un peu flippant, mais ce qui est rassurant, c'est que des gamins qui jouent dans des groupes assez rock me citent, même si ma musique ne s'adresse pas vraiment à cette tranche d'âge. Mais je suis très content et fier que des gens me suivent depuis le début. De ma génération, il y a pas mal d'artistes qui ont disparu de la circulation.

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