Dominique A, encore, toujours

24/11/2006, par | Concerts |
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Combien de fois avons-nous déjà vu Dominique A en concert, depuis ce passage surprise au Festival des Inrocks 93 à la Cigale, synthé dans les bras, sur la pointe des pieds pour atteindre le micro ? Dix, onze fois ? Assez en tout cas pour pouvoir apprécier un parcours sans compromis, ennemi du surplace et de la routine, et un passage à l'âge adulte sans aucune pointe d'avachissement et d'embourgeoisement. Mercredi dernier, il jouait dans un Bataclan bien plein, salle où il s'était déjà produit par le passé - notamment en solo un rien casse-gueule pour le défunt festival Aden, à l'époque de l'album précédent. Là, il a un groupe, mais peu conventionnel : l'incontournable Olivier Mellano à la guitare abrasive et éruptive, un clavier également préposé aux effets divers, et deux multi-instrumentistes déclinant une large palette d'instruments à vent (bois et cuivres), l'un étant également batteur à mi-temps, si l'on peut dire, et à mailloches, souvent. Pas de basse, donc. De quoi rendre toutes les nuances de "L'Horizon", joué quasiment en entier. Ceux qui ne connaissent de Dominique A que ses disques tout en retenue sont souvent surpris par ses concerts, où il se lâche nettement plus. Loin de la case "chanson française" dans laquelle il aurait pu se laisser enfermer, ce dévoreur de musiques éclairé ose par moments une tension proche du post-punk (le jeu fracturé de Mellano), voire du free-jazz (cuivres en liberté), mais sans jamais se laisser déborder. Quand les chansons ne s'arrêtent pas brusquement, elles s'abîment superbement dans des finales cataclysmiques, occasionnant une légère saturation dans les aigus (ceci dit, aucun acouphène après le concert, bien que nous fussions proche de la scène). Ce qui n'exclut pas l'humour, comme sur l'intro étirée de "Dans un camion", où Dominique explique qu'il s'agit d'un tube et qu'il a donc sa version maxi, mais que généralement c'est sur la fin qu'on rallonge la sauce... Les échanges entre l'artiste et un public complice (un spectateur a réclamé "Louxor" !) apportaient d'ailleurs des respirations bienvenues dans un concert dense, qui ne s'appuyait pas sur les morceaux les plus évidents de son répertoire. Parmi les bonnes surprises, "L'Echo", perle de "La Fossette", et une fort belle version de "La Mémoire neuve", rares concessions à la période Lithium. Le deuxième rappel se conclura par l'inévitable "Courage des oiseaux", réarrangé pour chaque tournée (cette fois-ci dans une excellente version très Manchester, entre le New Order electro et le New Order mélancolique à guitares), avant que Dominique ne revienne seul pour le désormais fameux "Hit Hit Hit", rejoint sur la fin par ses musiciens en roue libre. Bonheur d'offrir, joie de recevoir : au bout de ces deux bonnes heures de concert, on se disait qu'il y aurait encore beaucoup d'autres rendez-vous. Un grand merci à Fabrice.

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