Disquaire Day : résultat des courses de POPnews...

24/04/2011, par , BeB, , Christophe Patris et Guillaume Sautereau | Autre chose |
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Samedi dernier, c’était le Disquaire Day, un évènement international destiné à faire la fête aux disquaires indépendants. Pour l’occasion, de nombreux artistes publient singles et version inédites en vinyles qui ravissent fans et collectionneurs. De mon côté, terrassé par la maladie (le rhume quoi), ma tournée des boutiques s’est résumée à un passage éclair chez Fargo (trop de monde) et chez Agnes b où s’est ouvert un Rough Trade parisien éphémère pour 1 mois (trop hype). Je suis tout de même revenu de ce court périple parisien avec un petit trésor... En effet, notre Charlotte Gainsbourg nationale et le petit génie irlandais Villagers se sont alliés pour éditer un 7’’ (comprenez un 45 tours) rassemblant d’un côté le magnifique "Set The Tiger Free" déjà présent sur "Becoming a Jackal" et sur l’autre face un titre composé par O’Brien et interprété par Charlotte. Je ne suis pas vraiment un admirateur de la française (euphémisme…) mais je dois bien admettre que ce morceau est magnifique. La science de la mélodie de l’un et la douceur vocale de l’autre donnent un cocktail des plus réussis. Seul truc qui me chiffonne : cette chanson a franchement un air de déjà entendu (pour pas dire de grosse repompe), mais je ne suis pas foutu de retrouver l’original… Si quelqu’un a la réponse, je suis preneur !

Benoît Barnéoud

On avait la fête des grand-mères, on a maintenant le Disquaire Day. Les disquaires étant une corporation davantage en péril que les fleuristes, on ne va pas trop faire la fine bouche (n'empêche que je vais quand même me faire un plaisir de bouder les mercantiles rééditions spécialement réalisées pour l'occasion, pas super intéressantes - bon, allez, ok, je vais quand même prendre la réédition de "The Killing Moon" pour Louloutte). Pour ma part, pas d'expédition dans l'East Vinyle parisien, je me suis contenté d'un petit tour chez All Access, un nouveau disquaire sis au 3 rue Brochant, non loin de la station de métro du même nom, dans le 17ème arrondissement donc, et qui avait ouvert le matin même. Pas d'enseigne, pas de carte bleue (mais on peut payer par chèque en attendant), pas de prix sur les disques (mais on peut demander). En revanche, il y a déjà pas mal de beaux bouquins, quelques nouveautés (hop, j'embarque le Josh T Pearson en vinyle), et beaucoup de chouettes vieilleries, dont quelques éditions originales (j'ai craqué pour le "Architecture & Morality" d'Orchestral Manoeuvres in the Dark en pressage américain et "l'Aladdin Sane" de Bowie, mais il y avait l'embarras du choix, avec notamment pas mal de Brian Eno, le patron semblant d'ailleurs particulièrement énophile). Prometteur. Du coup je ne suis pas vraiment pressé qu'il prenne la carte bleue, ce garçon. Ça pourrait bien être Disquaire Day tous les jours...

Guillaume Sautereau

L’opération nous laisse au final des sentiments mêlés. Bien sûr, inciter les amateurs de musique à fréquenter les quelques courageux disquaires indépendants encore en activité est une bonne chose. Tout comme le fait de rappeler, en ces temps où la musique se dématérialise de plus en plus (et où, corollaire, son écoute se banalise), que le disque peut encore être un objet de désir. Bravo, donc, aux artistes et aux labels qui ont réalisé des disques inédits exprès pour l’événement. Pour ce qui est des rééditions et repackagings de morceaux déjà existants déjà bien amortis, en revanche, on n’a pas trop vu l’intérêt autre que commercial. Chercher des moyens de ranimer (un peu) ce malade au stade terminal qu’est l’industrie du disque, c’est bien ; encore faut-il employer d’autres moyens que ceux qui ont en partie précipité sa chute. Certains devraient réécouter “Paint a Vulgar Picture” des Smiths…

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