Dios (Malos) - Dios (Malos)

03/03/2006, par Kévin Le Gall | Albums |
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DIOS (MALOS) - Dios (Malos)
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DIOS (MALOS) - Dios (Malos)Avant de parler de l'album en question, je tiens à préciser quel genre de frustration vous attend à son écoute. Tout album moyen a des points forts et des points faibles. Bon, va falloir trouver autre chose là... Je veux dire par là que Dios (Malos) vous renvoie à vos belles années, celles où vous avez découvert la musique, ou du moins, avez commencé à vous y intéresser avec passion. Alors, à moins d'être un petit génie, j'imagine que vous avez dû passer par un stade pas très recommandable. Allez, on ne donnera pas de noms, on sait tous qu'il y avait des trucs assez tordants, d'autres très bons, mais le plus important c'est que cela vous ait donné ce désir de gratter la surface pour finalement vous aiguiller vers un tas de trucs fantastiques. Bon et ben voilà, vous prenez le pré et le post déclic, vous mélangez un bon coup et, attention c'est magique, voilà Dios (Malos) !
La frustration en question vient de là : de ces très bons passages dilués dans d’autres proches de la médiocrité, à peine identifiables, sur lesquels on aimerait beaucoup mettre ce nom qui refuse de quitter le bout de la langue tellement on se l'est profondément enfoncé dans la caboche, il y a des années de ça. Ainsi l’intro de "I Want It All" (et le reste de la chanson, pourrait-on dire en voulant être méchant) ressemble à s'y méprendre à celle d'un single d'Oasis... Dans le genre tire-larme formaté pour la bande FM, je voudrais aussi "EPK" et ses 5 minutes 53 interminables, indigestes, ne semblant qu'exercer la fonction de remplissage (ponts en OUHOUHOUHOUHOU, paroles murmurées, solo de rigueur... tout y passe) en attendant LE refrain exalté. Ca donne, attention c'est du grand art, YOUUUUUUUUUUUU DOOONNNTTTT WANNNNNNNTTTTTT ITTT ANYMORRRREEEEEUUUUUHHHH. Reste que c'est efficace. Et j'ai beau m'en moquer, ça n'a rien de désagréable. Mais sur un album, ce genre de format poussif ne tient pas la longueur. Et même s'ils ont réussi à se dégoter le producteur des Shins (Phil Ek) pour ce deuxième album, les Dios (Malos) n'ont pas la légèreté de ces derniers, ils n'ont pas cette grâce, cette délicatesse dans les arrangements, capable d'expédier la plus banale des chansons pop aux côtés des plus grandes.
On pourra néanmoins saluer la poignée de bons morceaux éparpillés à droite et à gauche. Ça commence par "Feels Good Being Somebody" ; sa batterie percutante, ses bruits de bouches qu'on croirait tout droit sorti d'un album de N*E*R*D, ses sonorités hispanisantes, son discours pro-marijuana ("to sing a little song called marijuana in the sun"), autant de bonnes choses qui, placées stratégiquement en début d'album, annonçaient une suite des plus savoureuses. D'ailleurs, juste après, on trouve une gentille ballade, parfaitement inoffensive, d'une telle douceur qu'on aurait très bien pu l'attribuer à Elliot Smith lors d'une soirée arrosée. Un peu plus loin encore, le seul morceau instrumental de l'album, "Tokyo Sunrise", ne déçoit pas. Les textures électroniques, qui sur d'autres morceaux donnent plutôt un côté pâteux, combinées à la pop ensoleillée des Californiens, livrent ici un résultat franchement rafraîchissant. Toujours dans le registre du potable, on se penchera sur "Grrl", une des rares chansons passant sous la barre des 3 minutes (presque un comble pour un album pop) et le résultat est là : sans toutes les fioritures qui alourdissent une bonne part des autres pistes, le résultat est limpide et ne donne à aucun moment l'envie de presser la touche forward. Bon, voilà, c'est un peu près tout, je passe sous silence les horreurs (au hasard "So Do I"). Ah, si, j'allais oublier, après un gros bide sur la deuxième partie de l'album, on a tout de même droit au très réussi "Going Home" qui sera sans doute en compétition avec "Feels Good Being Somebody" pour la place de premier single. En bref, quelques chansons efficaces noyées dans la gadoue. Un album de 2005 qu'on n'a pas vraiment honte de découvrir si tardivement. Mais pas mal quand même.

Kévin Le Gall

Feels Good Being Somebody
Say Anything
I Want It All
So Do I
EPK
Tokyo Sunrise
Grrrl
No Dance Now
I Feel Fine All The Time
My Broken Bones
Goin' Home
I'm Only Daydreaming


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