Diane Cluck, Herman Düne - Point Ephémère, Paris, 20 avril 2005

27/04/2005, par Jean-Charles Dufeu | Concerts |
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C'est la semaine Herman Düne sur POPnews. Une interview, une chronique de disque... c'est déjà beaucoup. Pourtant leur concert de mercredi dernier au Point Ephémère valait le détour et un petit compte-rendu. Comment sortir de cette impasse sans lasser nos fidèles lecteurs ? Peut-être en parlant du concert sans parler d'Herman Düne ?

Diane Cluck n'était pas prévue pour être l'attraction de la soirée. Son arrivée sur scène, son petit haut rouge et ses cheveux ébouriffés la rendent pourtant presque immédiatement sympathique. Armée d'une seule guitare folk, la jeune fille dégaine une première bonne chanson, suivie d'une seconde meilleure, et d'une suivante... meilleure encore. A mesure que l'influence des chanteuses 60's, celle de Joni Mitchell notamment, se fait sentir, cette première partie prend des airs de cérémonie, où le respect du public est, de son côté, de plus en plus manifeste et de moins en moins forcé. Outre la superbe voix de la prêtresse folk, le jeu de guitare, quoique (volontairement ?) approximatif et volontiers déglingué, a quelque chose de virtuose dans l'exécution, qui ne manque pas d'impressionner. Ajoutons à cela que Diane Cluck, avec son style de garçonne et ses joues rosées, est décidément très mignonne, surtout lorsqu'elle parle en français... Si vous vous sentez un faible spontané pour Kymia Dawson, mais qu'à force de jouer les girl-scouts peace and love, elle a fini par vous agacer franchement, n'hésitez pas à faire un bout de chemin avec Diane Cluck, dont la démarche n'est sans doute pas fondamentalement éloignée. Il y a fort à y gagner en émotion.
Elle était d'ailleurs tellement touchante ce mercredi soir, que les Herman Düne n'ont pas pu se passer de ses services en seconde partie. Sur scène, elle vient prêter sa voix sur les chansons les plus apaisées. D'autres, en revanche, ne s'invitent que lors de fougueux débordements électriques comme le saxophoniste Q, aka Quentin Rollet, échappé du groupe d'Akosh S. (et non de The Band, malgré ses ressemblances avec Garth Hudson). Il y avait aussi ce soir là, par intermittences régulières, le fantôme du Velvet Underground, venu hanter quelques digressions instrumentales fruits du mariage d'une basse particulièrement enthousiaste et de la guitare à la fois tranquille et efficace d'André. Il y avait surtout des incarnations plus vraies que nature des Rolling Stones. L'une d'entre elles prenait corps à la batterie, où Néman, avec sa moustache, sa veste de costume et son jeu impassible rappelait forcément sa très élégante idole Charlie Watts, en plus tribal néanmoins, et plus jeune tout simplement, lorsque l'envie lui prenait de jouer debout et de frapper comme un sourd. Sur le devant de la scène, un Mick Jagger avec des tresses se dodelinait sur demi-pointes dans un jean ultra stretch rapiécé avec du scotch. Quant aux chansons elles-mêmes, on pouvait légitimement croire à des reprises, lorsque la basse de David suggérait l'introduction de "My Girl" ou la guitare d'André celle de "Not Fade Away", avant de dévier vers les compositions des deux frangins. Face à ce déferlement scénique, le public, comme toujours, réclamait en vain "My Friends Kill My Folks", buvait les paroles d'André lui expliquant l'histoire de son oreille droite, mangée par un cafard, affichait une mine réjouie en toutes circonstances et poussait des cris de joie à chaque fois qu'il reconnaissait une chanson (c'est-à-dire à peu près tout le temps). Au milieu de tout ce beau monde, les Herman Düne n'avaient finalement qu'à assurer le rôle de chefs d'orchestre détendus, ce dont ils s'acquittèrent ma foi avec une efficace nonchalance .

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