Deerhoof – Breakup Song

album de la semaine du 12/09/2012, par | Albums |
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Deerhoof - Breakup song

Si on a pu dire (voire lire ici même dans nos colonnes) que Deerhoof souffrait quelque fois de trop plein, force est de constater que la tendance est à l’épure depuis quelques albums dont le récent et excellent, "Deerhoof vs Evil". "Breakup Song"  est un disque d’une petite demi-heure, guère plus que le précédent. Rassurez-vous, si le disque est concis, nos frappindingos sont toujours aussi bavards et chaque chanson recèle mille et une pistes : power pop, electro, world, jingles pub, collages sonores, techno, métal, math-rock. La marmite est profonde et nos sorciers adorent la cuisine fusion, refusant de céder au formatage pop (seule entorse à la règle : la durée de trois minutes maximum par titre). De la même manière que "In C" de Terry Riley était considéré par Cortazar comme la musique pop par excellence, un bon album de Deerhoof a de quoi satisfaire tous les appétits et il y en a pour toutes les chapelles dans chaque chanson.

Si la recette de base est à peu près la même que celle de "Deerhoof vs Evil", cet album est plus resserré, plus rock, centré sur l’énergie générale, et contient un peu moins de plages ambient étranges (bon, allez, peut-être "Bad Kids To The Front" pendant laquelle nos sales gosses piochent même dans le registre Drum n’ Bass. Rien de rédhibitoire). Chaque morceau semble avoir été pensé pour le dancefloor, en témoignent les titres : "We do parties" et le tube final "Fête d’Adieu". Sur ce dernier titre, le plus addictif, Satomi conclut le titre en chantant "I was a robot on the dance floor" et on est loin des Daft Punkeries. On ne sait toujours pas si les robots rêvent de moutons mécaniques mais les robots seront sacrément funky lorsqu’ils danseront sur la samba math-rock de Deerhoof.

Nos allumés préférés sont toujours les maîtres du contraste : sur "To Fly or not to Fly", on passe en une minute trente du stoner grondant au hip hop-rock en passant par la new wave dark pop.

"The Trouble with Candyhands" démarre comme du latino chachacha pour finir par du parasitage indie rock consolidé par un refrain tout à fait sunshine pop.

Au niveau de la production, c’est là encore du grand art : un chef d’œuvre de miniaturiste au service de la globalité. Chaque chanson est un assemblage de microparties : samples, textures diverses (entre clarté sonore et prise sur le vif, lo-fi). La maestria consiste ici à agglomérer chaque partie au tout sans le côté, qui peut être désagréable, patchwork du hip hop. "Flaming Whiskers III" est à ce titre assez éloquent : dansant de bout en bout et pourtant plein de ruptures ryhtmiques. Deerhoof déboulonne les Happy Mondays au rayon dance-foutraque.

Comme "Deerhoof vs Evil", "Breakup Song" est une magnifique porte d’entrée dans le monde coloré de Deerhoof qui, sans se renier, accueillent à bras ouverts les nouveaux fans comme ils embrassent sans complexe toutes les musiques du monde sans exception.

En plus, Deerhoof est le meilleur antidote à la déprime post rentrée et sait mettre tout le monde d’accord en live. Pour la paix dans le monde : oubliez Obama, votez Deerhoof.

Avec l’aide du robot sur le dancefloor de l’appartement, Johanna D.

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  1. Breakup Songs
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  6. Flower
  7. To Fly Or Not To Fly
  8. The Trouble With Candyhands
  9. We Do Parties
  10. Mario's Flaming Whiskers III
  11. Fete D'Adieu

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