Dead Fly Buchowski - Interview

24/05/2005, par | Interviews |
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Vous avez tenté de conserver l'énergie de vos prestations scéniques sur l'album ?

Nous n'avons pas cherché à traduire fidèlement l'intensité des concerts sur disque, car c'est impossible. Les conditions sont trop différentes. Mais nous avons essayé de coller le plus possible à l'esprit du live, en évitant que le résultat soit surproduit, trop travaillé, trop lisse, trop compliqué. L'album a été enregistré de la façon la plus "live" possible, avec peu d'overdubs, à l'ancienne. Il ne fallait pas trahir les intentions de départ. J'espère que les gens qui l'écouteront percevront cette sincérité.
(Tom) Il y a une part d'improvisation dans nos chansons, nous partons souvent d'une jam, d'un riff que nous développons. Avant de les enregistrer, il n'y avait pas vraiment de versions originales : sur scène, nous ne les jouons jamais tout à fait de la même manière. La longueur de certaines parties et la vitesse d'exécution peuvent varier, parfois Roddy modifie légèrement les paroles... Ça permet de conserver une certaine fraîcheur. Le disque n'est donc qu'un instantané de ces compositions en constante évolution.

A l'écoute de l'album, on sent que vous êtes un véritable groupe dans le sens où chaque instrument et chaque personnalité ont leur place dans le mix.
(Roddy) Oui, selon les chansons ou les passages des chansons, c'est la voix, la guitare, la basse ou la batterie qui domine. Ce n'est pas le cas chez tous les groupes, où c'est souvent plus uniforme. Nous avons essayé de faire un album assez varié : nous ne sonnons pas toujours pareil, je ne chante pas toujours de la même façon. De manière générale, chacun essaie d'apporter le meilleur de lui-même au groupe, de façon très altruiste.

Au départ, vous avez produit l'album vous-mêmes. Vous vous sentiez les épaules assez solides ?
(Tom) Ca nous semblait logique car nous sommes quand même les mieux placés pour savoir comment les chansons doivent sonner ! En fait, il y a eu deux ingénieurs du son qui nous ont beaucoup apporté : Chris Gordon, ex-membre de Baby Chaos, pour la première mouture, puis Mark Williams qui a remixé les morceaux à Londres. C'est vraiment une collaboration entre eux et nous.
(Roddy) On ne nous a rien imposé. Nous avons décidé de tout nous-mêmes, y compris de la pochette. Nous devons garder le contrôle sur notre travail, et pour ça, Beggars est parfait. Ils laissent une totale liberté à leurs artistes. De toute façon, s'ils n'avaient pas aimé ce qu'on fait, ils ne nous auraient pas signés !

Mes titres préférés sur l'album sont les ballades, qui ont un côté un peu soul. Vous teniez à mélanger des morceaux plutôt durs comme "Blackout" ou "Pandemonium" et d'autres plus subtils et insidieux ?
Oui, tout à fait. Il est d'ailleurs possible que le prochain album, sur lequel nous travaillons déjà, contienne des chansons plus douces. Il y a déjà un morceau acoustique sur le single "Russian Doll", qui rappelle ce que nous faisions à nos tout débuts. Je pense qu'il y aura en tout cas davantage de contraste sur le prochain album, même si c'est déjà le cas avec celui-ci. On ne se voit pas faire un pur disque de rock avec une succession de morceaux très rapides et très durs.
(Tom) "Same but different !" (rires)

Le morceau le plus étonnant reste sans doute le dernier, qui dure près de dix minutes.
En fait, nous allons faire un concept album qui tiendra sur trois CD... Je ne sais pas comment il vont réagir chez Beggars (rires). Plus sérieusement, c'est intéressant d'avoir des morceaux comme ça, sombres et psychédéliques, et d'autres beaucoup plus brefs et accrocheurs.
(Roddy) Nous aimons varier les plaisirs, emmener l'auditeur dans une sorte de voyage. Chaque chanson est à sa place sur le disque.

Vous utilisez une formule instrumentale très basique. Aimeriez-vous intégrer d'autres instruments ?
(Tom) Oui, je pense que nous le ferons pour le prochain, en collaborant peut-être avec d'autres musiciens. Mais quelque part, enregistrer un disque en formation guitare-basse-batterie, c'est déjà expérimenter car tu dois aboutir à quelque chose d'intéressant et d'original en ayant peu d'options au départ.
(Roddy) Enfin, on avait quand même un tambourin, aussi. (rires)

Propos recueillis par Vincent Arquillière

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