Dawn Landes se met au français

28/08/2012, par | Autre chose |
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La dernière fois que nous avions interviewé l'Américaine Dawn Landes, c'était il y a cinq ans… au Père-Lachaise. Elle venait alors de sortir un album très réussi, "Fireproof", sur le label Fargo. On l'avait ensuite vue une ou deux fois sur scène à Paris, en solo, puis plus rien. L'album "Sweetheart Rodeo" (en 2009 chez Cooking Vinyl), bien qu'excellent, nous avait échappé. D'où notre plaisir et notre surprise de la retrouver avec “Mal habillée”, un EP de huit brefs titres chanté entièrement en français, et contenant même une reprise de Brassens !

Assise sur le sofa de la boutique des Balades Sonores, à Paris, où POPnews vient de la filmer en session acoustique, la ravissante trentenaire originaire du Kentucky explique d'où lui est venue cette étrange idée : "Je tournais beaucoup en France, et j'ai vécu ici deux ou trois mois. Je ne parle pas vraiment votre langue, mais j'ai commencé à écouter des chansons et à retenir des expressions. J'ai rencontré de nombreux musiciens et auteurs de talent qui m'ont aidé à écrire directement en français."

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Ici, les paroles sont importantes et restent compréhensibles malgré son accent, loin de ces groupes anglo-saxons qui mettent une pincée de la langue de Molière (généralement inintelligible) dans leurs chansons pour leur apporter un peu d'exotisme. Les siennes racontent des histoires d’amour légères, dressent de jolis portraits (autoportraits ?) de femmes un peu aventurières, ou s’amusent des rêves de gloire d’une coiffeuse provinciale (dans l’étonnant “Oscar”, morceau parlé sur fond de percussions jazzy, rappelant Gainsbourg). Musicalement, le registre est souvent éloigné du folk indie auquel elle nous avait habitués, et on sent que les arrangeurs et musiciens amis avec lesquels elle a travaillé – David Sztanke de Tahiti Boy, Rémi Alexandre de Syd Matters, Ignatus, Katell… – ont laissé leur patte. “Oui, c’est assez différent, d’ailleurs ma voix est plus aiguë quand je chante en français”, constate-t-elle en passant de sa langue natale à la nôtre au détour d’une phrase et d’un éclat de rire. On retrouve par ailleurs sur le disque deux invités américains de choix, Matthew Caws (Nada Surf) et Tunde Adebimpe (TV on the Radio).

Et cette reprise de “La Cane de Jeanne” de ce bon vieux Georges ? “Elle est à l’origine du projet, en fait. Je suis tombée par hasard sur le livre-disque “Brassens chante pour les enfants”. Je l’ai acheté et j’ai été captivée, aussi bien par le sens mélodique des chansons (elle chantonne “Le petit cheval dans le mauvais temps…”) et par l’émotion se dégageant des textes que par les illustrations. C’est pour ça que j’ai voulu moi aussi accompagner le disque d’un livre, en version papier et digital. Et puis je me retrouvais dans l’idée de chansons pour enfants : vu mon vocabulaire limité, ma façon d’écrire en français est assez enfantine, au fond.”

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En fait, l’amour de Dawn pour notre langue et notre culture ne date pas d’hier. Il y avait déjà quelques morceaux en français (dont une reprise de “Tous les garçons et les filles”) sur ses disques précédents. Coïncidence amusante, elle raconte qu’elle a croisé le matin même, à l’aéroport, son ancien professeur de français. “J’ai dû suivre un trimestre de cours il y a une douzaine d’années, et je ne l’avais pas revu depuis !”
Au moment de nous quitter, l’Américaine nous livre une dernière information qui nous avait échappé : elle chante un duo avec notre Laurent Voulzy national un duo, “Our Song”, sur le dernier album de celui-ci. “Mais ça s’est fait à distance, on ne s’est pas rencontrés.” Décidément, Dawn Landes n’a pas fini de nous surprendre.

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