Compte-rendu de la soirée du 14/06 à Vie Sauvage

24/06/2014, par | Festivals |
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Le contraste avec l’édition précédente est frappant. c’est en effet sous un soleil radieux que j’arrive à Bourg et son petit centre charmant, le temps de rejoindre les amis, de prendre une mousse et de rentrer dans le parc de la citadelle, que le soleil met mieux en valeur que tout. L’ombre des arbres est la bienvenue, idéale même pour goûter au très bon vin local servi ici, le plaisir monte déjà en flèche au fur et à mesure qu’on se rend compte à quel point on se sent bien.

Lawrence Arabia

Tellement bien que l’on a failli manquer le début de Lawrence Arabia. mais le site est agréablement dimensionné, de sorte que l’on entend la musique du néo-Zélandais tout en restant à la fraîche sous les arbres. Le lieu et l’atmosphère idéale pour cette pop voyageuse, souvent très 60’s dans l’esprit et la forme, très soft et agréable. Bref, si c’était un vin, on dirait qu’il est rond, gouleyant, à déguster dès à présent pour apprécier les subtilités de “The Listening Times”, “The 03” ou encore “Travelling Shoes”. Un beau moment, idéal pour siroter son verre de vin en bonne compagnie.

Babe

Le soleil et l’herbe verte sont toutefois trop attirants pour ne pas se laisser tenter, surtout que Babe, le groupe emmené par Gerard Black de Frànçois and the Atlas Mountains a tout ce qu’il faut pour inciter les corps à danser, les pieds dans l’herbe. Pleine de charme, entre soul pour le côté organique et quelques touches synthétiques, la pop du groupe (renforcé ce soir par Ariel, du groupe Pendentif) fait un effet immédiat en extérieur.

Babe

Si l’album “Volery Flightly” était déjà très beau, c’est bien en live que les morceaux prennent une ampleur nouvelle, entre un “Tilt” jouissif avec la basse d’Amaury et la voix aérienne de l’Ecossais, “Falling in the Apples” ou “Aerialist Barbette” oniriques à souhait. L’effet de Babe fait que l’on se retrouve instinctivement entraîné par le rythme, le leader du groupe n’hésitant pas à nous y encourager : danser au soleil, sur une musique à la fois aussi sophistiquée dans le fond qu’instinctive sur la forme, avait quelque chose de magique.

Isaac Delusion

Le soleil commence à fortement décliner, mais Isaac Delusion va entamer son set sur les derniers rayons. Le groupe va y aller piano, de sa pop rêveuse, qui va rapidement prendre de l’ampleur, s’animer pour entraîner la foule. Tout devient plus dansant, la nuit tombe mais la musique du duo, énergique et planante à la fois semble la repousser, avec les magnifiques titres que sont “Land of the Gold”, “She Pretends” ou “Children of the Night”, portés par un groupe soudé, agile et soudé derrière la voix exceptionnelle de Loic.

Isaac Delusion

Sur la fin, “Pandora’s Box”, étirée tout en percussions, donne une envie irrépressible de profiter de la lumière naturelle avant qu’elle s’en aille, de danser avant de laisser place à la suite.

Isaac Delusion

La suite, ce sera Odezenne. Le groupe de hip-hop bordelais n’a pas joué sur ses terres depuis un moment et a sous le coude un nouvel EP, “Rien”, par ailleurs bien éloigné des simples codes hip-hop, mais plein de nappes synthétiques. Et si le groupe m’avait déjà fait forte impression il y a deux ans au Grand Souk, ça s’est confirmé, avec trois musiciens survoltés sur scène, haranguant une foule déjà chauffée à blanc, servie par un set compact, sans temps faible.

Odezenne

Au contraire, il y a une énergie folle, une froideur aussi qui donne un aspect désabusé à ces chansons aux textes ciselés, chargés de sexe, de la violence latente d’une révolte rentrée, et tant pis si ça choque (“Je veux te baiser”, “Le plus beau cul du monde”, . Cette atmosphère n’est pas plombante, elle est tellement électrique qu’il est difficile de ne pas se laisser emporter par les sauts du trio et les remous de la foule, toujours bon esprit.

Odezenne


C’est malheureusement à la fin du set d’Odezenne que je dois quitter les lieux, pour plusieurs raisons ne pouvant assister au set du jeune Fakear, nouvelle valeur montante de l’électro de l’Hexagone. La messe était de toute façon dite, et pour ma part complètement séduit par ce festival qui outre une belle programmation a su proposer un beau moment d’un bout à l’autre à ses spectateurs, avec du plaisir et de la convivialité. Chapeau bas à l’équipe de Vie Sauvage !

Merci à Guillaume. Photos : sowat

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