The Charlatans - Simpatico

05/05/2006, par V | Albums |
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THE CHARLATANS - Simpatico
(Sanctuary / PIAS) [site] - acheter ce disque

CHARLATANS - SimpaticoIls sont là depuis si longtemps qu'on ne les voit même plus, les Charlatans. C'est leur huitième album, et à part l'Angleterre et quelques fans japonais, tout le monde s'en fout. Leur langage brit-pop n'est plus parlé que dans quelques arrière-salles de pubs et leur dégaine débraillée n'est plus vraiment dans le coup, en tout cas plus à leur âge. Et pourtant, ils sont toujours là, gueules de gouapes et cheveux gras, à faire comme si Madchester n'avait jamais cessé d'exister. Comme si le monde n'avait toujours pas tranché entre Blur et Oasis. Comme s'ils avaient encore leur carte à jouer, eux, les éternels outsiders du championnat pop.
Elle est un peu pathétique mais elle est belle, cette abnégation, cette volonté d'y croire coûte que coûte, de brancher les guitares électriques et les claviers pour servir, album après album, la même pop classique (intro/couplet/refrain/couplet/refrain). C'est un peu comme ces vieux joueurs de foot qui s'accrochent à leur poste malgré l'arrivée de joueurs plus beaux, plus jeunes, plus rapides. On aimerait dire "Du balai ! Place aux jeunes !" mais un soupçon de nostalgie et une pincée de respect nous rendent attachants ces vieux grognards.
Les Charlatans n'ont jamais eu grand-chose à dire, et "Simpatico" ne déroge pas à la règle. Pourtant, on l'aime bien, cet album. La longévité du groupe, qui semblait leur coller aux semelles sur "Up At The Lake", devient ici un atout. Las de leur pop rétrograde, les Charlatans ont retiré leurs œillères. Les voilà fougueux (l'épatant single "Blackened Blue Eyes"), funky ("NYC"), cools et langoureux à la mode rasta ("City of the Dead", "For Your Entertainment" et "The Architect", tout en syncope reggae), voire dragueurs jamaïcains (le dub chic de "Sunset & Vine"). Parfois, leurs vieilles habitudes reviennent : riffs peu inspirés ("Muddy Ground") et chant gnangnan ("Glory Glory"). Mais quand on est capable d'un instrumental aussi charmant que "Sunset & Vine" (une plage, un Martini, un coucher de soleil, vous y êtes), alors là, on gagne le droit de faire un neuvième album.

V

Blackened Blue Eyes
NYC (There's No Need to Stop)
For Your Entertainment
Dead Man's Eye
Muddy Ground
City of the Dead
Road to Paradise
When the Lights Go Out in London
The Architect
Glory Glory
Sunset & Vine


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