Chapelier Fou - 613

album de la semaine du 10/03/2010, par Luc Taramini | Albums |
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CHAPELIER FOU - 613
(Ici d'Ailleurs / Discograph) [site] - acheter ce disque

CHAPELIER FOU - 613Dans la famille des multi-instrumentistes solitaires, voici le petit dernier. Louis Warynski (alias Chapelier Fou) auteur de deux EP remarqués ("Darling, Darling Darling" et "Scandale !") et de ce premier album énigmatique. L'histoire ne dit pas la raison pour laquelle le Messin a choisi ce pseudonyme de conte pour enfants, ni pourquoi il a intitulé son disque "613" (enfin si, ce serait le nombre de graines contenues dans une grenade. Une référence explicite au 613 mitzvot de la Thora ?). L'histoire garde aussi tout entier le mystère de cette musique hypnotique, basée sur l'enchevêtrement de boucles mélodiques à la croisée des territoires pop, électronique et minimaliste. Louis Warynski, violoniste émérite, compose en équilibriste, à cheval entre les sacro-saintes lois du conservatoire et l'empirisme frondeur des bidouilleurs de génie. L'histoire n'explique pas davantage pourquoi ces mélodies gigognes, basées sur des algorithmes aléatoires dégagent autant de poésie. Sans doute parce que son auteur a parfaitement su la rendre organique à coups d'archet virtuoses, avec un sens de la narration intuitif et en sus, une dose d'humour feutrée qui affleure ici et là (voix enregistrées, simagrées sonores). En laborantin ouvert d'esprit, Chapelier Fou aime à partager sa paillasse. Christine Ott joue des Ondes Martenot, Jean-Michel Pires de la batterie et Matt Elliott (Third Eye Foundation) pose sa voix aux accents slaves sur le titre "Half of Time". Un chant qui n'est guère plus qu'une option parmi d'autres sur le reste de l'album, surtout quand il sert de motif répétitif sur un titre comme "Elle est l'eau qui fait le torrent".
L'enjeu de ce disque est ailleurs, dans ce combat entre l'homme et la machine avec comme arbitre une pluie de cordes frottées, pincées, tapées qui insufflent la vie à ce match schizophrène, tantôt orchestre de chambre, tantôt tzigane, parfois boîte à musique voire carrément "geek-derrière-ses-machines". Les analogies parfois sautent aux yeux, Four Tet, Yann Tiersen, Beirut, Philipp Glass... puis disparaissent aussitôt.
A la manière d'un delta où toutes les eaux se rejoignent, ce "613" multiplie les trajectoires en gardant sa cohérence. L'histoire ne raconte pas comment cette histoire se termine, puisqu'il n'y a pas de fin, juste des chemins infinis.

Luc Taramini

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