Busty Duck - Zoomorphic

05/03/2010, par Luc Taramini | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

BUSTY DUCK - Zoomorphic
(Autoproduit)

BUSTY DUCK - ZoomorphicAinsi donc le rock belge aurait ses stars (dEUS, Ghinzu, Zita Swoon, Girls In Hawaii , Sharko...) et ses outsiders. Ses héros glorieux et ses soldats de l'ombre. Coquin de sort qui condamne Busty Duck, combo belge énergique, à vivre dans l'ombre tutélaire de ses vedettes. Et ce malgré dix ans d'existence, des tournées à l'étranger jusqu'au Texas (une participation à South by Southwest en 2007) et trois albums autoproduits, dont ce "Zoomorphic" plein de promesses. Pour faire court, Busty Duck c'est l'école rock belge classique, portée par des guitares véhémentes et ce je-ne-sais-quoi de fantaisie batave dans la manière. Mais avant tout, c'est du solide, du carré. Le groupe ne cherchant pas tant la révolution que l'efficacité, quitte à abuser du gros son et des ficelles un peu trop visibles. D'abord ce disque impressionne par une entrée en matière irréprochable, trois titres à la fois moites et épiques qui font dresser une oreille déjà fidèle ("Crispy, Crunchy, Violent, Fast", "The Great Commander" et "Bizarre"). Mais, passés ces premiers cols, l'horizon s'aplanit inexorablement. Dommage que le groupe cède à la facilité dans un exercice de style plus formel. Oh, il y a bien la mélodie catchy de "Light Sniffer" ou la ballade bistre "The Oxytocin Song" qui dévoilent encore des aspérités intéressantes. Mais pour le reste, c'est l'autoroute sonique. Le son se durcit mais pourquoi ? Le rythme s'emballe et le maniérisme s'installe à l'image des titres "April 9" ou "Female", presque trop faciles. Où sont passés l'âme et le relief ? Et que dire du titre final, une épopée de douze minutes en forme d'exercice de style un peu vain. Dommage, car ces Busty Duck ont du potentiel, et dans le contexte de surproduction du rock belge où les gros sont devenus bouffis, ils auraient certainement leur carte à jouer. Il faudrait pour cela qu'ils osent moins les déflagrations que la retenue, qu'ils préfèrent les mélodies tordues aux lignes droites, en un mot, qu'ils cultivent leurs particularités plutôt que leurs points communs avec la concurrence. Crier n'a jamais été le meilleur moyen de se faire entendre.

Luc Taramini

Crispy, Crunchy, Violent, Fast
The Great Commander
Bizarre
Breathing At a Crawl
Light Sniffer
I Hate the Breeze
The Oxytocin Song 5
April 9
Doodle Inspiration
Female
Leftover Sleep
Zoomorphic

 

Acheter sur Amazon Écouter sur Spotify


les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals