Bror Gunnar Jansson, Le Chat Vert, Rouen, 8 février 2015

17/02/2015, par Séverine Garnier | Concerts |
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Quand j’entends pour la première fois le nom de Bror Gunnar Jansson, c’est un peu par hasard, il y a tout juste un an. J’hésite entre deux concerts parmi lesquels une des soirées d’un festival que j’affectionne : 'Les Nuits de l’Alligator'. L’un des instigateurs me recommande Sarah Mc Coy, à nouveau programmée en 2015 pour la dixième édition. A l’affiche également, les Perpignanais de The Liminanas et le Suédois Bror Gunnar Jansson. Je tends l’oreille à l’album éponyme du Scandinave paru en 2012. Il s’avère qu’il en a enregistré d’autres auparavant, un sous le pseudonyme de Gugges Enmanna puis un avec Christoffer Johansson son co-producteur. Sans me renseigner plus que ça, je m’attends à un groupe composé de bluesmen expérimentés. Il n’en est rien. Le jeune homme discret que je croise avec son pantalon à bretelles tel un Tom Sawyer dans le hall de l’Abordage est celui qui monte sur scène en premier. Ce que j’imagine être un groupe est en réalité le projet d’un seul homme comme on en voit dans le documentaire "We are one-man band". Révélation... A l’issue du concert, je saurai précisément épeler le patronyme du Suédois.  

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Avec son nouvel album "Moan Snake Moan", Bror Gunnar Jansson est en tournée et annoncé dans le club de jazz rouennais Le Chat Vert, l’occasion de voir le chemin parcouru en un an. Le début de soirée se répète et je croise à nouveau son chemin avant le concert à une différence près, cette fois je sais le reconnaître. Et pour profiter pleinement de son jeu dans une salle comble, direction le premier rang. Avec plus d’assurance, il entre en scène dans un costume rayé et un couvre chef mais en chaussettes (rayées elles-aussi) et commence calmement avec le titre inédit "While I Fight The Tears" ou comment capter sereinement l’attention du public. Suit "The Church Bells' Tone", titre qui ouvre le dernier album et qui s’appuie sur d’autres standards. Parmi l'initiation dispensée par son père contrebassiste figurait peut-être "Church Bell Tone" par John Lee Hooker. Puis c’est au tour de la reprise de Brother Claude Ely "Ain’t No Grave - can Hold my Body Down", qui lui a sans doute inspiré le recours au préfixe Bror,  signifiant également Frère. C’est aussi le titre d’un album posthume de Johnny Cash sur lequel cette chanson figure en ouverture. 

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Ceux qui n’ont jamais vu le jeune musicien à l’oeuvre savent maintenant de quoi il retourne : les deux mains sur la guitare, les deux pieds sur les pédales, une actionnant les caisses, l’autre les cymbales, le tout en fermant les yeux. Admiration...  Le rythme ralenti avec "The Preacher". Viennent ensuite "Moan Snake Moan - Pt I Rattlesnake" et "Moan Snake Moan - Pt II - Black Snake" figurant tous deux sur le 8" EP précédant avec ce double titre commun à l'album, inspirés par "Black Snake Blues" de Clifton Chenier. C’est ensuite une reprise d’Herman Parker Jr avec "Mystery Train" popularisée par la version d'Elvis Presley. Il prend alors sa voix grave pour incarner "William is Back", il s’agit de "William Joseph Dean", personnage que l’on rencontre dans le précédent album ainsi que sa mère évoquée dans "Mary Lee" qu’il interprète dans la foulée. Peut-être est-ce sur ce protagoniste au destin atypique que Gunnar Jansson aimerait consacrer une bande-dessinée. Lorsqu’on lui dit qu’il interprète ce titre à la façon d’un Tom Waits, le bluesman répond qu’il n’y a rien de surprenant car ce musicien fait partie de ses influences. 

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Il revient en rappel à la guitare sur "The Wandering Spirit of B.F. Shelton", un hommage au joueur de banjo Benjamin Frank Shelton, auteur de seulement quatre titres. Vient le moment de se séparer sur "The Lonesome Shack" (également le nom d’un groupe de blues). A l’issue du concert, il me précisera avoir commencé la musique à l’âge de 4 ans, appris le saxophone puis la basse à 10-12 ans et la guitare à 16 ans. Il en a aujourd’hui 28, travaille sur deux albums (un avec son groupe et un en solo) et dispose d’un champ des possibles allant bien au-delà du blues.

Merci à Nicolas Miliani de Normandeep Blues.

Photos : Séverine Garnier

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