Brisa Roché - Interview

08/09/2010, par Luc Taramini | Interviews |
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Comment as-tu rencontré ces musiciens ?
En fait je cherchais un nouveau groupe intègre, c'est-à-dire des gens prêts à mettre leur propre projet de côté pour tourner avec moi. Et je peux te dire que ce n’est pas facile à trouver. A l’époque, je venais d’avoir un nouveau tourneur qui s’appelle "A gauche de la lune" et qui est basé à Lille. Ils m’ont conseillé des musiciens locaux qui se connaissaient bien mais qui n’étaient pas un groupe. Ils ont fait une audition pourrie musicalement, mais humainement et dans leur communication il y avait quelque chose d'intéressant. On a commencé à travailler ensemble et, tout de suite, il y a eu un coup de foudre, un appariement parfait. Je l’ai vécu comme une renaissance parce que l’industrie du disque est un milieu très dur. J’avais besoin d’être nourrie de quelque chose de vrai et de bien. Eux sont arrivés à ce moment-là. Enfin du respect, des soutiens, des alliés. Ce groupe, c'est comme un abri ruche qui me donne plein d’énergie.

Tu es une artiste solo avec un rêve de groupe, ce n'est pas un peu paradoxal ?
Tous les artistes frontman rêvent d’avoir un bon groupe avec eux. Soit tu rentres dans un groupe à 14 ans, soit tu en cherches un toute ta vie. Moi, j’estime que j’ai beaucoup de chance de les avoir trouvés sur mon chemin même si je sais que c’est un équilibre fragile. Et puis c’est éphémère aussi parce que je ne génère pas assez d’argent pour les embaucher à plein temps. Il faut aussi qu’ils aillent chercher des cachets ailleurs. Pour toutes ces raisons j'ai eu envie de créer un album qui cristallise notre collaboration. Depuis que je les ai emmenés en Californie et à New York, j’ai une marge de fidélité de leur part plus importante ! (rires).

Est-ce que le titre de ton album a une signification particulière ?
Quel titre n’a pas de signification ? Ça veut dire plusieurs choses. Au début je voulais appeler l’album "Now" mais il s’est passé un an avant de trouver une signature pour une sortie alors ça commençait à faire second degré : "Plus tard", "jamais" (rires). Le titre peut vouloir dire "Tout est ok maintenant enfin" ou "allez, let’s go" ou "je veux tout maintenant". En plus ça forme une phrase avec les titres de mes albums précédents : "The chase takes all right now !"

Ce disque possède une coloration plus rock et dansante. Pourquoi ?
La tournée de "Takes" s’est achevée avec la fin des festivals d’été. J'étais jalouse des groupes qui faisaient danser le public. Moi-même j’adore danser. On avait encore dans le corps cette énergie de la tournée. Et puis, il y avait quelque chose de drôle et de détendu dans notre situation : éloigné de tout, à la montagne, sans jugement de quiconque, à moitié à poil. Du coup, ça m’a ramené à une facette de ma personnalité que je ne montre qu'en privé. Là, j’étais en culotte et baskets, je dansais et sautais partout pendant la composition des morceaux.

On a parlé de l’intendance, mais pas encore de ton comportement dans la composition ?
Je suis très impatiente et très rapide. Pendant la création, je n’ai pas de jugement, je cherche la spontanéité tout en ayant confiance dans ce qui sort. Quand je suis toute seule, je fais vite. Quand je suis avec les autres, je les dirige vite aussi pour qu’ils n’aient pas le temps de se censurer. Les premiers jets sont souvent les meilleurs. Dans cette rapidité, je ne pense ni avec mon corps ni avec mon cerveau. En revanche, je m’exprime avec mon corps pour diriger. D’ailleurs, je dirige en temps réel.

 

 

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