Bonnie 'Prince' Billy - Sings Greatest Palace Music

album de la semaine du 05/05/2004, par David Larre | Albums |
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BONNIE "PRINCE" BILLY - Sings Greatest Palace Music
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BONNIE "PRINCE" BILLY - Sings Greatest Palace MusicDe Will Oldham, on sait qu'on peut tout attendre, les changements d'ide é comme le surplace obstiné, la noirceur indélébile comme le soudain allègement des tensions, le pas de côté comme le pas en arrière. Aussi, lorsqu'on apprend qu'il va revisiter à Nashville son premier répertoire, celui qui a posé - peut-être sans préméditation - les bases d'une country lo-fi et hantée, on est tenté par bien des interprétations : un caprice de plus, une manière atypique de céder aux fans (invités à faire la sélection des morceaux, ils se sont surtout concentrés sur la période 93-95 et les LPS "Palace Brothers", rebaptisé "Days In The Wake", et "Viva Last Blues", sans négliger quelques "classiques" : "Agnes, Queen of Sorrow", "Ohio River Boat Song"), ou encore une recherche tardive et déplacée de crédibilité pour un répertoire maudit. Autant d'hypothèses fragiles qui peinent à rendre compte de l'élégance, de la sérénité et - osons le mot - de la fraîcheur du résultat. Certes, les débuts semblent hésitants, un "New Partner" chanté d'une voix mal assurée, un "Ohio River Boat Song" un peu engoncé sous les violons, les ch&Mac254;urs et la pedal-steel, mais dès "Gulf Shores", l'échange entre le ma"tre et ses musiciens de session s'équilibre, piano et cordes établissent une structure stable, la voix d'Oldham s'affirme, enveloppée tantôt de backing vocals féminins délicats et vaporeux, tantôt de voix masculines plus rudes ; alors le miracle se reproduit régulièrement, sur un "Brute Choir" délesté de sa pesanteur, un "Agnes, Queen of Sorrow" qui atteint à une forme de classicisme délicat, un "Viva Ultra" où Oldham, effet saisissant, semble vieillir vocalement à mesure que le morceau se développe. Dans ces tentatives parfois étranges d'habiller de couleurs chaudes et vives des morceaux qui sentent encore la solitude froide de leur naissance, les fautes de goût sont soigneusement évitées : "You Will Miss Me When I Burn", "More Brother Rides" gardent leur gravité d'origine, "Riding", même enrobée d'effets, jette toujours un éclat sombre et dérangeant. On sent constamment Will Oldham suffisamment sûr de ses compositions pour les lancer dans des directions a priori inattendues : sa musique se bonifie comme un vin devenu capiteux et laissant au fond de la gorge le souvenir de son amertume première. Chapeau bas.ntit

David

New Partner
Ohio River Boat Song
Gulf Shores
You Will Miss Me When I Burn
The Brute Choir
I Send My Love To You
More Brother Rides
Agnes, Queen Of Sorrow
Viva Ultra
Pushkin
Horses
Riding
West Palm Beach
No More Workhorse Blues
I Am A Cinematographer

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