Bonnie 'Prince' Billy - Ease Down The Road

07/05/2001, par Jean-Christophe Mauger | Albums |
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BONNIE 'PRINCE' BILLY - Ease Down The Road
(Domino/Labels)

BONNIE 'PRINCE' BILLY - Ease Down The RoadDepuis "Arise therefore", chef-d'oeuvre incandescent d'énergie rentrée qui, cinq ans après sa sortie, fiche toujours autant les jetons, les bonnes nouvelles de Will Oldham se faisaient rares. L'homme du Kentucky était toujours d'une prolixité exceptionnelle (1 disque par an en moyenne en comptant les compilations) mais sa voix de furet hémophile et sa country hivernale ne suscitaient plus comme autrefois la même fascination mêlée de terreur - Johnny Cash s'étant en outre chargé de rappeler, avec son incroyable version de "I see a darkness" paru sur son album testamentaire, ce qu'un grand interprète pouvait faire avec une bonne chanson de Will Oldham. A l'heure où le folk acoustique revient nous tirer par la Manche, "Ease down the road" arrive à point nommé pour remettre les pendules à l'heure : c'est sur les contreforts des Appalaches, où Will Oldham a grandi, que se distille depuis trois générations la meilleure musique folk, et si le prince Billy n'est pas l'unique dépositaire de cette tradition, il en demeure l'un des héritiers les plus prometteurs. "Ease down the road" conserve en effet le meilleur du style de l'ex-"leader" de Palace (les textes ne s'éloignent jamais vraiment du triangle mythologique sudiste Dieu-Amour-Meurtre), mais la musique pour sa part gagne en amplitude et respire un peu mieux sous des arrangements moins amidonnés. Une pedal-steel, un violon, des harmonies vocales étonnantes et superbes (avec notamment le cinéaste Harmony Korine, autre frappé devant l'Eternel) viennent enluminer un disque qui, s'il ne change rien sur le fond, a au moins le mérite de faire avancer le schmilblick de la forme. Sur un "After I made love to you" paisible et émouvant, Will Oldham arrive même à tutoyer le meilleur Neil Young - celui d'"After the gold rush". Rester fidèle à soi-même tout en se rapprochant des autres (ses ancêtres, ses musiciens, son public, vous peut-être), telle est la quadrature du cercle résolue par Will Oldham sur "Ease down the road". Belle performance.

Jean-Christophe

May it always be
Careless love
A king at night
Just to see my holly home
At the break of day
After I made love to you
Ease down the road
The lion lair
Mrs William
Sheep
Grand dark feeling of Emptiness
Rich wife full of happiness

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