Blind-test - tUnE-yArDs

22/06/2011, par | Interviews |
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6. Yoko Ono – Moving Mountains

J'aimerais bien avoir ton iPod (rires) C'est Yoko ? Sur son dernier album ? Nous allons peut-être jouer avec elle à l'automne, et nous sommes censés reprendre une de ses chansons. Je l'ai donc beaucoup écoutée dernièrement, et j'ai été surprise par sa façon d'ouvrir très grand la porte de son inspiration, afin d'avoir le plus d'espace possible… Je trouve qu'elle reste assez sous-estimée pour cela, cette façon d'élargir les horizons de la musique pop.

 
7. Dirty Projectors - Warholian Wigs


 (Après seulement quelques secondes) C’est sur l’album "The Getty Address", c’est ça ? C’est drôle, car quand on me demandait quelles étaient mes influences au moment de mon premier album, Dirty Projectors était toujours le premier nom que je citais. Maintenant que ma musique est comme la leur un peu plus exposée, le rapprochement semble sans doute évident. Je me souviens avoir écouté cet album quand j’habitais en Nouvelle-Angleterre. C’était l’automne, j’étais au volant et je voyais toutes ces feuilles, jaune et orange vif pour la plupart, sur les arbres. Je conduisais sur des routes de montagne et le soleil se levait, éclairant les feuillages. J’ai donc des souvenirs très visuels qui restent attachés à ce disque. Plus tard, j’ai assuré leur première partie sur une tournée, nous étions passés à la Maroquinerie. Dave Longstreth des Dirty Projectors a étudié la musique à Yale, il a une formation classique, mais il applique ce qu’il a appris à une esthétique rock, ce que je trouve vraiment intéressant. Comme Yoko Ono avant eux, Deerhoof et Dirty Projectors ont vraiment ouvert des portes pour les gens de ma génération. Je me suis dit : "Si la musique pop c’est ça, alors moi aussi je peux en faire !" Les groupes que j’avais écoutés jusque-là ne m’avaient pas fait une telle impression, ne m'avaient pas donné l'envie de m'y mettre moi aussi. Là, quand je me suis rendu compte que cette musique peu conventionnelle obtenait un certain succès, que les gens qui la faisaient pouvaient envisager d’en vivre, ça m’a beaucoup motivée à me lancer à mon tour.

 8. Konono N°1 - Masikulu

(Très vite) Konono. Ils ont un son très particulier, mais qui a été beaucoup recyclé par d’autres groupes ces derniers temps. Dans leur cas, ce n’était pas vraiment intentionnel au départ, car il n’avaient pas les moyens d’acheter des instruments amplifiés et bricolaient donc leur matériel eux-mêmes. Cependant, je connais beaucoup de musiciens américains qui sont un peu dans le même cas, qui font leurs assemblages, leurs soudures... De ce point de vue, Konono reste un exemple extrême, mais je vois des similitudes avec ma démarche. Quand j’ai fait "Bird-Brains", mon premier album, je pensais que personne n’aurait vraiment envie d’écouter ce genre de musique même si moi, je la trouvais intéressante. Mais finalement, des gens ont été captivés, un peu de la même façon qu’on peut être captivé par le son de Konono N°1, distordu, saturé... et difficile à reproduire, en fait.

9. Juana Molina - Un Dia

(Elle ne trouve pas, on lui donne la réponse). Ah, Juana Molina, beaucoup de gens m’en ont parlé, mais je n’avais jamais écouté sa musique. C’est drôle, ça me fait penser à Zap Mama, avec le même genre de voix "percussives". J’aime vraiment beaucoup !

10. Arlt - Les Dents

Je peux apprécier une chanson même si je ne comprends pas la langue, et j’espère qu’il en de même avec ma propre musique ! Je trouve ça très beau. C’est incroyable de voir jusqu’où on peut emmener l’auditeur avec juste une voix et une guitare. Merci pour la découverte  !

Photos DR.
Merci à Beggars.

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