Bilan 2013 - Vétérans et revenants

06/01/2014, par , , ChloroPhil et Julien Sauvageot | Bilans annuels |
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 Pastels 3

The Pastels

Porte-drapeau officieux d’une certaine idée de l’indie pop, parrains de la scène écossaise, les Pastels (dont Stephen Pastel est le seul membre présent depuis le début) n’ont jamais eu de grandes ambitions quant à leur carrière, et ont souvent laissé passer plusieurs années entre deux disques. Enrichi par la participation de collaborateurs prestigieux, "Slow Summits" était ainsi leur premier "vrai" album depuis 1997. On pouvait y constater les progrès accomplis par le groupe (à son rythme, certes), passant d’un rock volontiers amateur, brouillon et parfois bruyant à une musique apaisée, pastorale et plus mélodieuse que jamais. Sur scène, les deux registres cohabitent harmonieusement, comme on a pu l’entendre à Rock en Seine en août et au Week End Fest de Cologne en décembre : avec Gerard Love du Teenage Fan Club à la basse et trois autres musiciens (guitare lead, trompette, flûte traversière, claviers), Stephen et Katrina Mitchell mêlaient de nouveaux morceaux fondants ("Wrong Light", "Check My Heart"…) à de vieux classiques toujours aussi jouissifs ("Nothing to Be Done", "Baby Honey"…). En gardant ce brin d’amateurisme qui fait tout leur charme. (V.A.)

The House of Love

Enregistré en une dizaine de jours seulement à l'automne 2012 par Pat Collier (déjà préposé à la console lors des débuts du groupe), le nouvel album de House of Love, "She Paints Words in Red", aurait pu n'être qu'anecdotique. Mais on sait bien que ces musiciens plus que respectables ne sont pas du genre à faire les choses à moitié. On retrouve ainsi intacte la magie d'un duo Guy Chadwick/Terry Bickers qui renoue avec la complémentarité légendaire de ses plus belles heures. Illuminés par les arpèges délicats du guitariste prodige, les titres les plus nerveux ("A Baby Got Back on its Feet", "Money Man"...) semble destinés à nous faire revivre en douceur le frisson des standards "Shine On" ou "Destroy the Heart". On a surtout retenu de cet honorable album du retour un chapelet de compositions pop-folk ciselées avec application ("Hemingway", "Sunshine Out of Rain" ou encore ma favorite "Trouble in Mind") qui renvoient aux tons sépias de la délicieuse promenade solitaire engagée par Guy Chadwick en 1997 ("Lazy, Soft & Slow"). C'est ici, dans des chansons au charme automnal immédiatement reconnaissable, que réside la beauté d'une écriture nostalgique que l'on n'osait plus espérer voir fréquenter à nouveau de telles altitudes. À quand un retour scénique en France ? (J.S.)

Nick Cave and the Bad Seeds

Nick Cave and the Bad Seeds

Il aura éclairé notre année avec trois concerts, dont celui de la Route du Rock, et signé l’un de ses plus beaux disques, "Push The Sky Away", aux textes vertigineux et à la tension musicale intacte quoique toujours sous-jacente. Après la furieuse parenthèse Grinderman, Nick Cave renoue avec une musique plus apaisée, mais n'est pas pour autant prêt à rentrer comme tant d'autres dans le moule d'un rock adulte ronflant. Vétéran, certes, mais sûrement pas notable. (V.A. et H.B.)

Linda Perhacs

Curieux destin que celui de l’Américaine Linda Perhacs, comparable (toutes proportions gardées) à celui d’un Sixto Rodriguez, ou aux parcours à ellipse de Vashti Bunyan ou Emmanuelle Parrenin. Dentiste écrivant des chansons à ses heures perdues, elle sort en 1970 un album, "Parallelograms", composé de folk songs à l’écriture assez classique, mais traversées d’expérimentations électroniques, de sonorités psychédéliques et de parties vocales en millefeuille. Malgré son originalité, le disque passe à peu près inaperçu. Il faudra attendre les années 2000 pour qu’il soit réédité en CD, avec un meilleur son et quelques bonus, et qu’une nouvelle vague d’apôtres "weird folk" (Devendra Banhart and co.) n’en fasse l’une de ses pierres angulaires. Depuis, Linda Perhacs a collaboré avec Banhart, Ben Watt (Everything But the Girl) ou Julia Holter, a terminé un deuxième album devant sortir sous peu, et est remontée sur scène. Ses récents concerts européens ne furent peut-être pas d’immenses moments de musique, mais révélèrent une artiste à la voix à peu près épargnée par le temps, et toujours attachée aux idéaux hippies (communion avec la nature, pacifisme, recherche spirituelle). Une belle personne. (V.A.)

Nile Rodgers

Pour un cancéreux, Nile Rodgers pète la forme. Non content d’être l’auteur du riff indélébile du tube de l’année ("Get Lucky" de Daft Punk) et d’avoir raconté son incroyable existence dans son autobiographie, le guitariste au sourire permanent a triomphé sur scène en revisitant, entouré de musiciens et choristes de première classe, sa carrière dorée. Soit une tripotée de tubes écrits pour les bien nommés Chic ou les plus gros vendeurs des années 80, de Madonna à Bowie en passant par Duran Duran. Il jouait même "Spacer", sans doute le seul morceau de Sheila qu’on sauverait des flammes. Rien de mieux qu’un peu de disco-funk scintillant et racé pour oublier la crise. (V.A.)

Jay-Jay Johanson

Jay-Jay Johanson

Une copieuse interview, un nouvel album, "Cockroach", à classer parmi ses meilleurs et ses plus variés, et deux concerts parisiens chaleureux : dix-sept ans après ses débuts sous le signe d’un trip-hop jazzy bien de son époque, le longiligne Suédois semble toujours épargné par les pannes d’inspiration, et continue à nous enchanter. (V.A.)

Photos : Vincent Arquillière, Julien Bourgeois, DR.

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