Bertrand Betsch - Interview

19/02/2007, par Guillaume Sautereau | Interviews |
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Depuis la fin de Lithium, comment vis-tu tes relations avec les labels ?

Mes relations avec les différents labels se passent très bien. Il y a cependant des différences importantes. Vincent Chauvier de Lithium m'avait signé en tant qu'artiste parce qu'il avait une foi absolue en moi et ne m'aurait sans doute jamais lâché même si nos relations étaient parfois tumultueuses. Labels, eux, m'ont signé sur un coup de cœur pour l'album "Pas de bras..." pour une durée d'un an. Je me suis bien entendu avec les gens de là-bas mais lorsqu'il a été question de faire un autre album avec eux ils m'ont avoué que c'était les DA de Virgin qui décidaient. Or les maquettes de mon quatrième album n'ont pas eu l'heur de leur plaire, ce qui n'a rien d'étonnant car le rôle de Virgin n'est pas de faire du développement avec des artistes pointus mais de faire du chiffre avec des gros lots comme Cali.
En ce qui concerne PIAS, c'est un peu trop tôt pour en parler. Ils ont complètement flashé sur les maquettes du quatrième album et m'ont signé pour quatre albums sans même me demander combien j'avais vendu par le passé.
Yves Lecarpentier qui s'occupe du secteur français signe très peu d'artistes et uniquement sur un gros coup de cœur, au risque de laisser passer des trucs qui vont marcher et c'est tout à son honneur. Maintenant, je ne peux pas affirmer qu'il craquera à nouveau sur mes prochains projets d'albums.
L'avenir nous le dira.
Sinon, entre Lithium et des plus gros labels comme Labels et PIAS il y a une différence de taille, ce sont les moyens mis en œuvre pour offrir une visibilité à mon travail, que je n'aurais peut-être jamais eus en restant sur Lithium.

D'ailleurs, tes premiers disques (qui ne sont pas si vieux...) ne sont que très difficilement trouvables dans le commerce. N'est-ce pas frustrant ? Pourrais-tu les rééditer ou sont-ils perdus pour toujours ?
Mes deux premiers albums sont épuisés depuis belle lurette et ça me rend dingue car je les affectionne particulièrement. C'est Labels qui détient actuellement mon back catalogue et pour l'instant ils n'ont pas l'air décidé à les rééditer. Ils attendent de voir (ce qui d'un point de vue strictement commercial se comprend aisément) comment va marcher le quatrième album. Mais peut-être que le destin de ces albums est de devenir des objets cultes, ce qui ne m'enchante guère car j'ai encore un peu de mal à enfiler la veste de l'artiste maudit.

Bertrand Betsch

Tu as un site web avec un forum, une page MySpace. Est-ce important pour toi de pouvoir garder un contact direct avec ton public ?
Le contact avec le public via mon site et MySpace prend de plus en plus d'importance pour moi. C'est tout bête mais ça remonte le moral de recevoir des messages de soutien et de félicitations. En retour j'essaye de faire un site généreux. Chaque mois, un inédit et une reprise sont en écoute. Si les choses se passaient mal pour moi à l'avenir, je privilégierais l'internet en offrant mes nouveaux titres en téléchargement.

Quelle place prend la scène dans ta vie de musicien ?
J'aime beaucoup faire de la scène. Après avoir longtemps cherché l'osmose avec mes musiciens sur la tournée précédente, j'ai l'impression de l'avoir enfin trouvée lors des dernières répétitions en prévision de la prochaine tournée qui (c'est là le hic) n'aura peut-être jamais lieu étant donné que je n'ai actuellement plus de tourneur (j'ai clashé avec 3C il y a peu).

Qu'en est-il de l'album que tu projetais d'écrire pour ta compagne, Nathalie Guilmot ? Est-ce que les deux titres que vous chantez en duo sur l'album en faisait partie ?
Le projet d'album pour ma compagne est au point mort. Nathalie Guilmot, même si elle m'accompagne sur scène, ne se consacre pas à la musique à plein temps. C'est une plasticienne de grand talent et dont la carrière est en plein essor. Cependant des chansons existent. Elle en a écrit les textes et moi la musique. Qui sait peut-être que ça paraîtra un jour. Quant au deux duos, ils ont été écrits spécifiquement pour mon album et n'étaient pas destinés à figurer sur son album.

En plus de la musique, tu écris des nouvelles publiées sur ton site. Comment envisages-tu l'écriture sans musique ?
Je n'écris pas que des nouvelles mais aussi des romans, des essais, des objets littéraires non-identifiés mais cela visiblement n'intéresse personne. J'ai écrit une dizaine d'ouvrages et le seul qui soit paru (il vient de sortir aux éditions La Machine à cailloux sous le titre "La Tristesse durera toujours") est, ironie du sort, une commande que m'a faite une petite maison d'édition sur le thème de la création. Ecrire des livres et écrire des chansons sont des activités complètement différentes et qui, à la limite, ne font pas appel à la même partie du cerveau. L'auteur-compositeur et "l'écrivant" sont chez moi comme deux personnes distinctes. Par chance je suis particulièrement schizo et peut mener des activités très différentes en parallèle.

J'ai vu sur ton site que tu appréciais le récent album de Florent Marchet. Est-ce que ce genre de démarche littéraire et musicale à la fois te tente ?
J'adore l'album de Florent. D'une ambition folle et parfaitement abouti. Maintenant j'ai ma propre voie (qui n'est pas celle de Florent) et suis assez hermétique aux influences extérieures.

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?
En ce moment j'écoute pas mal Sufjan Stevens et ai ressorti le dernier album de Noir Désir, "Des Visages, des figures", et je me rends compte que la voix de Bertrand Cantat me manque énormément. Sinon j'apprécie beaucoup l'album des Cold War Kids, groupe que j'ai vu sur scène au Nouveau Casino avec à la même affiche les Two Gallants (autre groupe important), et ce fut une grande soirée qui restera gravée dans ma mémoire.

Photographies par Julien Bourgeois.
Merci à Aude et à Bertrand.

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