Bengale - Interview

15/03/2013, par | Interviews |
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On est en février, il ne fait pas très beau. J'ai rendez-vous chez Mickaël Gachet, chanteur (et doyen) du groupe Bengale, qu'il dirige avec Romain, guitariste. On est chez le premier, on est bien, et je vais les cuisiner pour répondre à cette question : qui sont les auteurs de ce single "Le dernier tramway", qui en appelle d'autres ?

Bengale EP

Comment est né Bengale ?
Mickaël : Une envie de faire de la musique en commun, tout simplement.
Romain : Mickaël m'a appelé et m'a demandé si je voulais venir jouer un peu de musique avec lui. Mais c'est au Chicho que l'on s'est rencontrés.

Il y a beaucoup de groupes bordelais qui sont très attachés au Chicho justement.
R : Oui, en effet, c'est un peu ce que représentait l'Inca pour la "génération" d'avant en fait.
M : C'est un peu le nouvel Inca.

(Là, il y a une digression sur les Mayas, la fin du monde qui n'a pas eu lieu, etc...)

Le nom Bengale, il vient d'où ?
M : Il tournait dans ma tête, et quand j'en ai parlé à Romain, il a trouvé ça cool. Ce nom véhicule plein de belles images, mais ne se raccroche pas à un style de musique. Cela pourrait être n'importe quoi, tant en style qu'en termes d'époque, ça marche en français, en anglais...

Et le point de départ musical, c'est quoi ?
M : Il n'y a peut-être pas trop de points communs musicaux au premier abord. Moi, je suis plutôt versé dans le hip-hop, Romain plutôt dans tout ce qui est rock. C'est une complémentarité qui marche bien.
R : Après, on a quand même plein de choses en commun, dans beaucoup de styles différents. Mais même sur un artiste, on ne sera pas forcément d'accord sur tout.
M : On écoute du hip-hop qui tâche, du classique mais aussi du jazz.

(Digression sur la clash Booba-La Fouine, la discussion part dans tous les sens. Je fais remarquer à Mickaël qu'il a un T-shirt Mickey Mouse : ironique pour un groupe qui se nomme comme un tigre...)

Il y a finalement assez peu de titres de Bengale sur Internet. C'est un choix de rester mystérieux ?
M :  Non, c'est vraiment un choix de ne faire qu'un single dans un premier temps, et si l'on sort un album, on n'aura pas déjà donné à entendre la moitié de l'album.
R : On travaille aussi les morceaux pendant longtemps.

Vous n'êtes finalement pas pressés...
M : C'est l'idée : de prendre notre temps pour sortir l'album en septembre, et de faire en sorte qu'il soit bien étoffé.

Vous devez avoir plein de morceaux, non ?
M : En fait, ça fait juste un an que Bengale existe, avec un premier concert en mars 2012, donc on est encore très jeunes.

(Une nouvelle digression sur les Victoires de la Musique...)

Tu as employé le terme "notre équipe" : qui sont-ils ?
M : On a un tourneur, un manager, un producteur et un éditeur, un réalisateur...

Il y a déjà du monde.
M : On peut finalement parler de collectif ou presque.

Vous n'êtes pas passés par les dispositifs classiques, soutiens de SMAC, etc...
R : On a fait des trucs dans notre coin. Et puis on n'a que 5-6 concerts derrière nous, finalement c'est encore très jeune comme projet. On a quand même des remixes dont on est assez contents.

Et qui sont plutôt réussis. Du coup, les personnes qui sont à l'origine de ces remixes, vous les connaissez comment ?
M : Des amis, des gens qu'on a croisés.

C'est marrant comme démarche ?
M : Oui, c'est vraiment sympa. Après, on a fait de légers ajustements avec les artistes.
R : C'est sympa, il n'y a rien à faire, tu reçois ton morceau !

Il se dégage quand même une certaine maturité musicale des morceaux.
M : Oui, c'est vrai que chez certains groupes, tu sens que les musiciens malgré leur jeune âge ont déjà une bonne technique.

Vous avez été sur des compilations, non ?
M : Oui, sur "Education française". Pour en revenir sur le côté artisanal dont on parlait avant, on est assez fiers que le titre "Le dernier tramway" ait été fait ici, un peu enregistré chez Stéphane Gillet, on n'est pas rentrés en studio et pourtant, il s'est retrouvé sur France Inter et le Mouv'. Il y a juste eu un coup de mastering et hop.
R : Si ça se trouve, on aurait été inhibés dans un très gros studio. Bon, peut-être que ça sonnerait hyper bien quand même (rires), mais on aime bien le côté home-made et un certain truc qu'on a chez nous. On accepte le cash, sinon (rires) !
M : On peut faire comme le batteur de Phoenix, acheter la même console de mixage qui a servi à l'enregistrement de "Thriller". Bon, il a payé 12 000 euros.

Est-ce que ça met la pression, le succès du titre ?
M : Oui, un peu car on n'arrive pas à la jouer parfaitement en live.
R : On va la jouer en playback. Comme MGMT sur "Kids" par exemple !

Bengale

(là, digression sur le playback...)
M : C'est vrai qu'on est meilleurs en prod, mais on relativise car on n'a même pas 10 concerts derrière nous. D'ailleurs, moi ça me botte la prod, je suis moins à l'aise en live.
R : On se complète aussi un peu, je viens un peu plus du live.
M : Il vient du live avec un instrument, la guitare, qui amène des trucs plus "fous". Mais on est assez rapides en fait dans notre écriture, car on est souvent juste à deux pour le son : le reste du temps, on est six pour jouer.

(longue digression, autour de Queen, Genesis, la critique rock...)
M : Nous, niveau reprises, on fait déjà "Je danse le MIA" d'IAM. C'est finalement assez décalé, et ça a un truc très pop en fait comme chanson.
R : Elle sort de ce qu'ils ont pu faire aussi.
M : Là, on a pu sortir l'essence pop du morceau. On va tenter de l'enregistrer bientôt.

Et la simplicité d'Internet pour mettre à disposition les morceaux, c'est quelque chose qui vous donne envie ?
R : Oui, carrément. Après l'album, quasiment fini, on aimerait bien faire un "black album", sur lequel on remixe nous-mêmes les titres, pour en faire un album alternatif. Il est possible qu'on le distribue un peu comme ça, via notre Bandcamp.
M : On a d'ailleurs quelques morceaux déjà prêts.

Est-ce que vous commencez à en vivre ?
M : Moi, j'édite un guide touristique, qui me prend 95% de mon temps, et m'empêche de faire de la musique à fond, et c'est assez frustrant.
R : Je travaille tous les étés. Je garde aussi des enfants, même si à me voir, on se dit que j'ai pas le profil (sourires).

Comment ça s'est passé, votre concert parisien ?
R : Vraiment bien, on a eu de bons échos, c'était cool !

La fin de l'interview part un peu dans tous les sens. On parle du Québec, mais aussi de Kendrick Lamar et Mac Demarco, leurs derniers coups de coeur musicaux. Et avant de repartir, Mickaël essaie de caser sa petite chienne dont il n'a plus le temps de s'occuper. Une chouette rencontre, je vous disais !

Merci à Cédric.

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